Un pirate informatique condamné à vingt ans de prison aux USA

jeudi 25 mars 2010 22h49
 

BOSTON (Reuters) - L'un des plus célèbres pirates informatiques au monde a été condamné aux Etats-Unis à vingt ans de prison pour avoir participé à un réseau mondial qui a dérobé plusieurs millions de numéros de cartes bancaires.

Albert Gonzalez, âgé de 28 ans et domicilié à Miami, en Floride, a reconnu les faits.

Il était l'un des organisateurs d'un réseau qui a subtilisé plus de 40 millions de numéros de cartes de paiement en s'introduisant par effraction dans les sites de grands distributeurs tels que la chaîne de librairies Barnes & Noble.

Il s'agit de la peine la plus lourde jamais prononcée par la justice américaine dans un cas de délit informatique, a dit Mark Rasch, ancien responsable de la criminalité informatique au département américain de la Justice.

Le préjudice causé par Albert Gonzalez et ses complices un peu partout dans le monde est évalué à 200 millions de dollars (150 millions euros) pour ce qui concerne les entreprises touchées. Celui causé aux particuliers est impossible à évaluer, a déclaré le procureur adjoint Stephen Heymann.

Pour sa défense, Albert Gonzalez a fait valoir qu'il avait développé un addiction aux ordinateurs depuis l'enfance, qu'il s'était adonné à l'alcool et à la drogue pendant des années et qu'il souffrait de désordres liés à un syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. Il a dit devant le tribunal qu'il avait totalement arrêté de boire depuis 22 mois.

Le pirate avait enterré un million de dollars en espèces dans le jardin de ses parents.

L'accusation avait demandé au juge une peine exemplaire par sa sévérité.

"Il a ébranlé une partie de notre système financier", a fait valoir Stephen Heymann. "Ce qui importe le plus, c'est que des adolescents et de jeunes adultes ne cherchent pas à faire comme Albert Gonzalez. Ils doivent savoir qu'ils seront attrapés et sévèrement punis."

Albert Gonzalez pourrait voir sa peine de prison s'alourdir, un autre juge devant statuer sur une autre série de charges pour lesquelles il a aussi reconnu sa culpabilité: le vol de plusieurs millions de numéros de cartes de paiement à des sociétés de traitement comme par exemple Heartland Payment Systems et à des chaînes de magasins d'alimentation.

Jim Finkle, Danielle Rouquié pour le service français