March 11, 2010 / 12:35 PM / in 7 years

Régionales: sur internet, les partis se rodent pour 2012

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Moqueries sur Twitter, sites communautaires balbutiants ou vid&eacute;os somnif&egrave;res: la campagne sur internet pour les &eacute;lections r&eacute;gionales en France a surtout servi de r&eacute;p&eacute;tition g&eacute;n&eacute;rale pour l'&eacute;ch&eacute;ance pr&eacute;sidentielle. /Photo d'archives/Andrea Comas</p>

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - Moqueries sur Twitter, sites communautaires balbutiants ou vidéos somnifères: la campagne sur internet pour les élections régionales en France a surtout servi de répétition générale pour l'échéance présidentielle.

Avec les sites communautaires et l'utilisation de Twitter, la plateforme de "micro-blogging", les équipes "web" des partis politiques ont préparé le terrain pour 2012, où tous les partis politiques français ont l'espoir d'imiter les moyens de mobilisation qui ont réussi à Barack Obama aux Etats-Unis.

Les réseaux sociaux du Parti socialiste et d'Europe Ecologie ont connu un succès populaire honnête (près de 20.000 inscrits sur www.europe-ecologie.net et de 25.000 sur www.lacoopol.fr pour le PS) mais n'ont pas remplacé les sections locales dans l'organisation de la vie militante.

Le site lancé par les Jeunes Populaires de l'UMP (www.lescreateursdepossibles.com) n'a pas répondu à leurs attentes. Il revendique avant les élections "près de 9.000 membres" dont les "initiatives", mélange de propositions et de groupes de soutien à la majorité, rencontrent peu de succès.

Dans un e-mail à ses troupes révélé par Le Parisien, Benjamin Lancar, président des "Jeunes Pop", a relayé un message du secrétaire national de l'UMP, Xavier Bertrand: les responsables départementaux étaient sommés de s'inscrire au site sous peine d'être "démis de leurs fonctions".

Dans l'optique de l'élection présidentielle, les partis politiques ont modernisé leurs sites officiels, évoluant vers des contenus plus actualisés et diversifiés. La plupart des meetings ont été retransmis en direct sur les sites officiels.

Le PS a réussi son meilleur coup avec une carte des "couacs" de l'UMP dans les régions, recensant "divisions" de la majorité ou "approximations" dans les programmes.

Mise en valeur en conférence de presse par son porte-parole, Benoît Hamon, cette carte interactive a été l'une des rares initiatives sur internet reprises par les médias traditionnels.

Sur Twitter, "Pas Grand-Chose De Bon"

Les partis ont aussi produit, parfois à grands frais, de nombreuses vidéos qui n'ont pas souvent rencontré leur public, faute de promotion. Les rares films dépassant le millier de visionnages sont ceux ayant adopté un ton sarcastique pour dénoncer les propositions ou le bilan de leurs adversaires.

L'UMP, après le "lipdub" des Jeunes Populaires qui a approché le million de visionnages mais aussi suscité l'hilarité générale, a délaissé la vidéo.

Les candidats inscrits sur Twitter dans l'optique de ces régionales ont fait la démonstration que l'outil ne s'apprivoisait pas facilement, publiant seulement leur agenda ou des liens vers des articles ou communiqués de presse.

Les autres, habitués à l'outil depuis plus d'un an, ont disséminé des petites phrases à l'encontre des adversaires.

La première polémique de la campagne en Ile-de-France est née sur Twitter lorsqu'Anne Hidalgo, tête de liste socialiste à Paris, a publié en décembre une photo de Valérie Pécresse semblant assoupie au Conseil régional, accompagnée du commentaire: "Très très fatiguée pendant le vote du budget à la région... Je lui souhaite de bonnes vacances à l'Ile Maurice."

"Photo truquée", a "twitté" en retour la candidate UMP à la présidence en Ile-de-France, affirmant plus tard qu'elle envoyait à cet instant un message avec son téléphone portable.

L'UMP, à commencer par Nathalie Kosciusko-Morizet, tête de liste en Essonne, a ironisé sur le trou de mémoire de Jean-Paul Huchon sur le prix d'un carnet de tickets de métro.

Le président socialiste sortant d'Ile-de-France et ses colistiers ont, eux, moqué la proposition de Chantal Jouanno, tête de liste UMP à Paris, d'automatiser la ligne 14 du métro parisien: "Caramba, c'est déjà fait !", a écrit Anne Hidalgo.

"Quand on fait de la politique via Twitter, en général, ça ne donne pas grand-chose de bon", a estimé Chantal Jouanno.

De manière générale, les experts notent que le MoDem, Europe Ecologie et le PS se sont davantage adaptés au "web 2.0".

Cédric Deniaud, qui conseille l'UMP sur sa stratégie internet, l'explique par une base électorale à gauche plus au fait des nouveaux médias.

"Nous tentons au mieux de fédérer notre communauté, mais le travail est plus grand qu'au PS, qui est peut être naturellement plus au fait de tout ce qui touche au web", a-t-il dit au magazine en ligne Fluctuat.net.

Edité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below