Sanctions en France pour les jeux dangereux promus sur internet

jeudi 11 février 2010 19h17
 

PARIS (Reuters) - La diffusion sur internet de contenus incitant les mineurs à des pratiques comme le "jeu du foulard", qui aurait tué près de 300 enfants en 13 ans en France, sera désormais passible de trois ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Les députés français ont adopté jeudi, dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la sécurité intérieure, un amendement de Philippe Goujon (UMP) qui incrimine la création et la diffusion de jeux dangereux et violents - de non-oxygénation ou d'agression - sur quelque support que ce soit, dont internet.

"Il convient, afin de protéger les enfants de ces incitations virtuelles et compléter le travail de prévention mené sur le terrain par le corps éducatif, de sanctionner par une modification du code pénal leur diffusion", explique l'exposé des motifs de l'amendement.

La sanction est fixée à trois ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

L'auteur de l'amendement précise que, selon une étude réalisée par l'institut TNS-Sofres auprès de huit millions d'enfants de 7 à 17 ans en 2007, "26% de cette tranche d'âge se sont déjà vus proposer des jeux dits dangereux" comme le "jeu du foulard" ou le "rêve indien".

Le député UMP de Paris précise, sur la base de l'enquête de TNS-Sofres, que 12% de ces enfants reconnaissent y avoir participé, soit un million d'enfants, dont 45% de filles et 55% de garçons.

Le "jeu du foulard" est un étranglement volontaire, réalisé seul ou à plusieurs, dont l'objectif est de connaître des "sensations nouvelles". Le "rêve indien", une variante du jeu du foulard, consiste à bloquer sa respiration volontairement, après une forte ventilation, pour provoquer un évanouissement.

"On estime que le 'jeu du foulard' a tué à lui seul environ 300 enfants en 13 ans", affirme Philippe Goujon.

Les députés ont par ailleurs entériné un amendement UMP qui prévoit d'autoriser à titre expérimental l'installation de scanners corporels dans les aéroports français. Ils ont également voté le volet du texte qui modifie le régime de la vidéo-protection dans le but de faciliter l'installation de caméras.

L'examen du projet de loi sur la sécurité intérieure, commencé mardi, devrait s'achever vendredi, les députés se prononçant mardi prochain par un vote solennel sur l'ensemble de ce texte présenté par Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur.

Emile Picy, édité par Sophie Louet

 
<p>La diffusion sur internet de contenus incitant les mineurs &agrave; des pratiques comme le "jeu du foulard", qui aurait tu&eacute; 300 enfants en treize ans, sera d&eacute;sormais passible de trois ans de prison et 75.000 euros d'amende. /Photo d'archives/REUTERS/Jorge Silva</p>