February 11, 2010 / 6:15 AM / 7 years ago

L'Iran compterait fermer le service de messagerie de Google

4 MINUTES DE LECTURE

SAN FRANCISCO (Reuters) - Le gouvernement iranien a décidé de suspendre à titre permanent le service de messagerie de Google dans le pays, rapporte mercredi le Wall Street Journal sur son site internet.

La décision de Téhéran a été annoncée par l'agence iranienne des télécommunications, qui a déclaré qu'elle mettrait bientôt à disposition des Iraniens un service de messagerie national, ajoute le journal.

Google a ensuite fait état d'une forte baisse de son trafic e-mail en Iran et indiqué que certains utilisateurs dans le pays avaient des difficultés à accéder à sa messagerie Gmail.

Cette information survient alors que l'Iran se prépare à de nouvelles manifestations de l'opposition jeudi à l'occasion du 31e anniversaire de la révolution islamique de 1979.

En juin dernier, les manifestants avaient utilisé des outils tels que le réseau Twitter et la messagerie instantanée Gmail pour communiquer pendant la période de manifestations qui avait suivi la réélection contestée à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

Google a déjà des problèmes avec les autorités chinoises. Le groupe américain a menacé de se retirer du pays le mois dernier après avoir fait état de cyberattaques" et de problèmes de censure.

Si le moteur de recherche californien a reconnu des problèmes en Iran, il n'a pas pour autant confirmé l'information publiée par le Wall Street Journal.

"Certains utilisateurs en Iran nous ont fait savoir qu'ils avaient des problèmes d'accès à Gmail", a déclaré un porte-parole du groupe dans un courrier électronique adressé à Reuters. "Nous pouvons confirmer une forte baisse de trafic. Nous avons examiné nos propres réseaux et constaté qu'ils fonctionnaient normalement."

Il a ajouté que Google était pour la liberté de communication sur le web, mais que "quelquefois, ce n'est pas de notre ressort".

Selon le Wall Street Journal, l'impact de la décision iranienne sur la messagerie Gmail est difficile à mesurer. Aucun commentaire officiel n'a pu être obtenu dans l'immédiat de Téhéran où il était plus de minuit quand l'information a été connue.

A Washington, le département d'Etat américain, qui n'a pas été en mesure de confirmer cette décision, a estimé que tous les efforts des autorités de Téhéran pour priver les Iraniens d'informations étaient voués à l'échec.

"Alors que les technologies de l'information permettent aux individus du monde entier de communiquer (...) comme jamais auparavant, le gouvernement iranien semble résolu à priver ses citoyens d'accès à l'information, à la possibilité de s'exprimer librement et d'échanger des idées", a déclaré le porte-parole P.J. Crowley.

"Les murs virtuels ne fonctionneront pas plus au XXIe siècle que les murs physiques n'ont fonctionné au XXe siècle", a-t-il ajouté.

Gabriel Madway et Arshad Mohammed, Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français

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