10 février 2010 / 14:01 / dans 8 ans

Capgemini devrait reprendre le chemin des acquisitions

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Capgemini devrait rechercher des acquisitions non seulement aux Etats-Unis, où sa taille est trop réduite, mais aussi dans des expertises technologiques afin d‘accroître encore l‘efficacité de son offre face à celles de ses concurrents, estiment les analystes.

Le premier groupe européen de services informatiques, dont la trésorerie nette est estimée à plus d‘un milliard d‘euros à la fin 2009, avait fait savoir en novembre qu‘il pourrait envisager des opérations de croissance externe hors d‘Europe. Le groupe n‘a annoncé que deux acquisitions réduites l‘année dernière, en Australie et au Viêtnam, et une troisième récemment en Suède.

Les analystes notent que le groupe, qui a pour concurrents Accenture, IBM et Atos Origin, est bien positionné comparé à ses concurrents pour profiter d‘une reprise de la demande en services informatiques, à la faveur de sa forte implantation dans l‘offshore, c‘est-à-dire les pays émergents où le coût du travail est moins élevé, comme l‘Inde.

“L‘offshore les aide à avoir une meilleure offre de prix, en tous cas compétitive”, souligne Patrick Standaert, analyste chez Morgan Stanley.

Adam Wood (Exane BNP Paribas) note que Capgemini sera ainsi avantagé par rapport à ses concurrents européens. “Cela les aide à être compétitifs face à des groupes comme IBM et Accenture (...) et devrait leur permettre de prendre des parts de marché à certains petits acteurs européens”, explique-t-il.

CONSEIL AUX USA, EXTERNALISATION EN EUROPE

Les analystes s‘accordent ainsi à penser que Capgemini devrait privilégier des acquisitions aux Etats-Unis, pays où sa présence est jugée trop réduite dans le conseil notamment et qui devrait sortir en premier de la récession.

En Europe, ils s‘attendent plutôt à des acquisitions ciblées, notamment dans le BPO (externalisation), à l‘image du rachat annoncé la semaine dernière du suédois IBX qui réalise un chiffre d‘affaires annuel de 30 millions en fournissant des solutions d‘achat en ligne.

Jonathan Crozier, analyste chez West LB, souligne que la globalisation des offres rend l‘implantation des cibles moins cruciales. “L‘important est qu‘ils achètent une société avec une relation clients très solide - peu importe où elle se trouve”, résume-t-il.

Les analystes ne voient pas la nécessité d‘un rachat d‘une SSII généraliste après les acquisitions structurantes de Kanbay en 2006, qui avait accru la présence de Capgemini en Inde, et Ernst & Young en 2000, moteur du renforcement du groupe dans le conseil.

“Le problème de Capgemini n‘est pas sa taille mais plutôt la profondeur de son offre”, estime un analyste parisien, citant des domaines d‘expertise comme le développement et la maintenance d‘applications, dont les compteurs intelligents (“smart metering”) notamment dans l’électricité.

Les analystes s‘attendent à des acquisitions de taille limitée à quelques centaines de millions d‘euros, un demi-milliard au maximum.

“Ils devraient se montrer pingres. Il y a beaucoup plus de sociétés à vendre que d‘acheteurs dans les services informatiques”, note Jonathan Crozier (WestLB).

Edité par Dominique Rodriguez

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