1 février 2010 / 13:30 / il y a 8 ans

Vivendi pourrait être contraint de réduire ses acquisitions

<p>Jean-Bernard L&eacute;vy, pr&eacute;sident du directoire de Vivendi. Les cons&eacute;quences financi&egrave;res du jugement rendu vendredi aux Etats-Unis &agrave; l'encontre de Vivendi paraissent incertaines et lointaines, mais cette &eacute;p&eacute;e de Damocl&egrave;s pourrait freiner les ambitions de croissance externe du groupe, estiment les analystes. /Photo prise le 1er septembre 2009/Beno&icirc;t Tessier</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les conséquences financières du jugement rendu vendredi aux Etats-Unis à l'encontre de Vivendi paraissent incertaines et lointaines, mais cette épée de Damoclès pourrait freiner les ambitions de croissance externe du groupe, estiment les analystes.

Ils s'accordent à juger la décision de justice étonnante: le groupe de médias et de télécoms est reconnu coupable d'avoir communiqué des informations trompeuses à ses actionnaires entre octobre 2000 et août 2002 mais son PDG et son directeur financier de l'époque, Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, sont exonérés de toute responsabilité.

L'action perdait 3,37% à 18,215 vers 13h55 à la Bourse de Paris, accusant la plus forte baisse de l'indice CAC 40.

"Ce qui est décevant, c'est que le fait que Messier et Hannezo sont considérés comme non coupables aurait dû amener à la décision que la société est non coupable", commente un analyste, jugeant le verdict "incohérent".

UBS souligne de son côté dans une note que l'action a perdu environ 15% depuis son plus haut niveau de janvier, signifiant qu'une partie de l'amende susceptible d'être payée a déjà été inscrite dans le cours.

Les montants circulant dans la presse oscillent entre quatre et neuf milliards de dollars, des évaluations qualifiées de "fantaisistes" par l'avocat de Vivendi, maître Hervé Pisani.

"Il est impossible aujourd'hui de déterminer un montant parce que le jury déterminera l'impact sur le cours de chaque jour de Bourse de la période de l'information qu'il considère comme fausse", a-t-il dit à Reuters. "Personne aujourd'hui n'a l'historique des achats ventes de l'ensemble des actionnaires."

Il a ajouté que le processus "très long et compliqué" pourrait durer au total deux à trois ans.

"Il y a un gros mouvement de panique qu'il faut un peu relativiser", a dit un analyste à propos de la baisse du titre. "Il y a énormément d'incertitudes dans toutes les équations."

Un autre analyste note qu'entre 20% et 30% des actionnaires réclament en général leurs indemnités, certains ayant entre temps oublié ou d'autres ayant en fait réalisé des plus-values.

PAS DE PROVISIONS CETTE ANNÉE

A un mois de la publication des résultats annuels, les analystes s'accordent à penser que Vivendi n'annoncera pas de provisions cette année, étant donné les incertitudes sur les éventuelles indemnités à verser. Un porte-parole du groupe s'est refusé à tout commentaire sur le sujet.

Vivendi, qui s'est engagé à reverser au moins la moitié de son résultat net ajusté sous forme de dividende, ne modifiera pas non plus sa politique à court terme, ajoutent les analystes.

"S'ils le faisaient, cela serait reconnaître à l'avance qu'ils ont tort", note l'un d'entre d'eux.

Exane BNP Paribas et CM-CIC ont abaissé leurs objectifs de cours après la décision rendue vendredi dans le cadre d'une procédure en nom collectif ("class action") initiée en 2002.

"Ce verdict impose une 'épée de Damoclès' sur un éventuel quoiqu'improbable 'worst case scenario' (6,6 milliards d'euros d'indemnités) et vient limiter les marge de manoeuvre financières du groupe à un moment où la croissance externe est au coeur de sa stratégie", souligne CM-CIC.

Un analyste cite également l'accroissement - anticipé - de la dette du groupe après l'acquisition de l'opérateur télécoms brésilien GVT fin 2009 et le fait que le produit de la cession de la participation de 20% dans NBC Universal n'est pas attendu avant septembre.

Selon un autre analyste, la note "BBB" de la dette de Vivendi - à laquelle le groupe se dit attaché - limite en outre sa marge de manoeuvre face à des sociétés comme France Télécom, KPN ou Deutsche Telekom.

"Ce sont des gens prudents, donc s'ils voient qu'il y a un risque sérieux d'amende peut-être cela va-t-il les calmer un peu, ce qui peut être un élément positif parce que je ne sais pas si le marché veut vraiment acheter une histoire d'énorme croissance externe chez Vivendi", observe un troisième analyste.

Avec la contribution de Florent Le Quintrec et de Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below