26 janvier 2010 / 07:40 / il y a 8 ans

La Chine durcit le ton envers Washington dans l'affaire Google

<p>Les m&eacute;dias officiels chinois continuent d'alimenter la guerre des communiqu&eacute;s avec les Etats-Unis &agrave; propos du contr&ocirc;le d'internet. /Photo prise le 26 janvier 2010/Jason Lee</p>

par Ben Blanchard

PEKIN (Reuters) - Les médias officiels chinois continuent d'alimenter la guerre des communiqués avec les Etats-Unis à propos du contrôle d'internet.

Le Quotidien du peuple, organe centrale du Parti communiste chinois, parle même d'une conspiration américaine envers Pékin et assure que la Chine populaire peut vivre dans Google.

Voici deux semaines, Google, le plus gros moteur de recherche au monde sur le réseau internet, a menacé de fermer son portail chinois, Google.cn, et de se retirer de Chine, en invoquant des actes de censure, et de piratage informatique émanant du territoire chinois.

L'administration Obama a soutenu les critiques lancées par Google et jeudi dernier, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, appelait Pékin à renoncer à toute censure contre internet et à enquêter sur le piratage informatique. Certains experts vont jusqu'à affirmer que ces actes de piratages sont organisés par les autorités chinoises elles-mêmes.

Le Quotidien du peuple avertit dans son édition de mardi que les dissensions portant sur internet risquent de mettre à mal plus largement les relations avec Washington, déjà tendues par des contentieux commerciaux, des ventes d'armes à Taiwan et la possibilité d'une rencontre entre le président Barack Obama et le dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains.

"Ces déclarations et actes (de la part des Américains) se font au mépris de la réalité et portent atteinte à l'image de la Chine, mettant à mal le développement de relations sino-américaines saines et stables", écrit le Quotidien du peuple dans un éditorial sur internet.

"Il n'est pas difficile de voir l'ombre du gouvernement américain derrière la politisation de l'affaire Google", ajoute le journal.

"Washington exploite les allégations de Google afin de restreindre le droit de la Chine à protéger sa sécurité nationale et ses intérêts sur internet", lit-on par ailleurs.

Google a réclamé la tenue de discussions avec le gouvernement chinois pour résoudre le contentieux.

Mais le Quotidien du peuple instille une note d'incertitude quant aux espoirs du moteur de recherche. "Peut-être, Google a-t-il d'ores et déjà compris que la Chine peut vivre sans Google. Mais sans la Chine, Google n'a pas d'avenir", écrit l'organe du PC chinois.

Lundi, un haut responsable chinois avait déclaré que Pékin s'autorisait le droit de punir quiconque utiliserait internet pour défier le Parti communiste au pouvoir ou rompre l'unité nationale.

Le porte-parole du bureau d'information du Conseil d'Etat (gouvernement) indiquait que le pays interdisait l'usage d'internet quand il "subvertit le pouvoir d'Etat et sabote l'unité nationale, incite à la haine et la division ethniques, promeut les cultes et diffuse un contenu pornographique, obscène, violent ou terroriste".

Ces commentaires, diffusés sur le site du gouvernement (www.gov.cn), laissaient entrevoir peu de place pour un compromis entre Pékin, Google et Washington sur la politique de censure.

La Chine a poursuivi des opposants et des défenseurs de l'autonomie du Tibet qui avaient utilisé internet pour remettre en cause la politique du Parti communiste au pouvoir.

Elle a condamné son plus célèbre opposant, Liu Xiabo, à 11 ans de prison pour "incitation à la subversion", lui reprochant principalement plusieurs essais publiés sur des sites internet à l'étranger.

Le Quotidien du peuple avait accusé dimanche les Etats-Unis d'utiliser les réseaux sociaux, comme YouTube ou Twitter, pour fomenter des troubles en Iran.

La Chine bloque YouTube depuis mars et Twitter depuis juin derniers. Facebook ne fonctionne plus depuis début juillet. Le pays utilise également un "grand pare-feu" pour dissuader les internautes de visionner des contenus interdits sur des sites à l'étranger.

Ben Blanchard, version française Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye

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