22 janvier 2010 / 13:05 / il y a 8 ans

France Télécom doit s'interroger sur sa gouvernance, dit son n°2

<p>Les administrateurs de France T&eacute;l&eacute;com doivent se demander si sa direction et sa gouvernance sont bien adapt&eacute;es aux chantiers qui l'attendent en 2010, a d&eacute;clar&eacute; &agrave; Reuters St&eacute;phane Richard, num&eacute;ro deux de l'op&eacute;rateur t&eacute;l&eacute;coms. /Photo prise le 18 janvier 2010/Charles Platiau</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les administrateurs de France Télécom doivent se demander si la direction et la gouvernance du groupe sont bien adaptées aux chantiers qui l'attendent en 2010, a déclaré à Reuters Stéphane Richard, le numéro deux de l'opérateur télécoms.

"Il y a eu une crise assez profonde. Il y a un certain nombre de chantiers importants qu'il faut lancer en 2010 et il faut trouver une façon de faire en sorte que la direction future de l'entreprise que j'incarne soit partie prenante dans ces choix", a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique.

"La question que les administrateurs de France Télécom doivent se poser est le fait de savoir si sa direction et sa gouvernance sont bien adaptées aux chantiers qui attendent l'entreprise en 2010", a noté Stéphane Richard. "Moi, je ne demande rien de particulier."

Il n'a en revanche pas confirmé les informations de presse sur une dissociation des fonctions de président et de directeur général lors du conseil d'administration du 24 février. Selon Les Echos de vendredi, Stéphane Richard deviendrait directeur général et le PDG Didier Lombard serait président non exécutif.

"C'est le conseil d'administration de France Télécom qui est compétent en la matière, pas moi", a-t-il dit.

Stéphane Richard, qui doit pour l'instant succéder à Didier Lombard au printemps 2011, a ajouté que le groupe devait s'interroger sur sa politique en matière de contenus, au vu des difficultés rencontrées dans sa stratégie d'exclusivités.

"Autant il n'est pas contestable qu'un opérateur de télécoms comme nous (...) ait une activité dans les contenus, autant il y a quelques questions de fond que, me semble-t-il, on n'a pas tellement tranché aujourd'hui", a-t-il expliqué, tout en précisant ne pas avoir d'idée "préconçue" sur la question.

"Est-ce qu'il y a une vocation de France Télécom d'éditer des chaînes de télévision? Il y a une question qui est ouverte", a-t-il noté. "Est-ce que la vocation de France Télécom n'est pas de proposer les meilleurs contenus d'où qu'ils viennent pour ses offres, dans un monde où les exclusivités vont être de plus en plus difficiles à pratiquer?"

EXCLUSIVITÉS EN QUESTION DANS LES CONTENUS

Orange, qui dépense plus de 400 millions d'euros par an dans les contenus, ne comptait fin septembre que près de 400.000 abonnés à ses chaînes Orange Sport et Orange Cinéma séries lancées en 2008.

L'opérateur, qui réserve l'accès à ses chaînes à ses seuls abonnés à l'ADSL, est confronté à des obstacles réglementaires. Après l'Autorité de la concurrence en juillet 2009, le rapport Hagelsteen commandé par Matignon et publié la semaine passée s'est montré critique sur la politique d'exclusivités menée par Orange.

"A partir du moment où il n'y a plus cette notion d'exclusivités, je pense que cela doit nous amener à nous repencher sur ce qu'on fait en matière de contenus", a noté Stéphane Richard.

Orange pourrait étudier l'acquisition d'au moins une fréquence sur la télévision numérique payante (TNT) si un appel d'offres était organisé pour les deux canaux vacants, avait déclaré mardi à Reuters une source proche du dossier.

Stéphane Richard, arrivé l'été dernier chez France Télécom dont il est devenu directeur général délégué le 1er janvier, a pris ses marques dans un groupe confronté à une grave crise provoquée par une vague de suicides.

L'ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde a également dit qu'il fallait "redonner du pouvoir de décision" au niveau local au sein du groupe.

Des responsables syndicaux ont souligné que les salariés n'avaient plus confiance dans leurs dirigeants et que l'entreprise avait du mal à fonctionner.

"Il y a une crise de direction. Ce qui est clair, c'est que c'est la guerre entre Lombard et Richard", a déclaré Patrick Ackermann, délégué du syndicat Sud.

L'action France Télécom réduisait ses gains et ne prenait plus que 0,27% à 16,97 euros vers 16h10. Selon des analystes, le changement de direction au sein du groupe est déjà intégré dans les cours.

"Une accélération du calendrier serait plutôt une bonne chose", a toutefois concédé l'un d'eux.

Avec la contribution de Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot et Dominique Rodriguez

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