21 janvier 2010 / 11:05 / dans 8 ans

Google joue la carte jeunes face aux autorités chinoises

<p>Dans un caf&eacute; internet, &agrave; Shanghai. En engageant un bras de fer avec les censeurs de l'internet en Chine, Google cherche &eacute;galement &agrave; compter ses soutiens parmi une jeune g&eacute;n&eacute;ration branch&eacute;e et connect&eacute;e, mais tiraill&eacute;e entre atriotisme et soif de libert&eacute;. /Photo prise le 13 janvier 2010/REUTERS/Nir Elias</p>

par Chris Buckley

PÉKIN (Reuters) - En engageant un bras de fer avec les censeurs de l‘internet en Chine, Google cherche également à compter ses soutiens parmi une jeune génération branchée et connectée, mais tiraillée entre patriotisme et soif de liberté.

L‘issue de cette querelle pourrait ainsi dépendre du parti que choisiront ces internautes chinois âgés d‘une vingtaine ou d‘une trentaine d‘années, leur aspiration à davantage de liberté d‘expression et d‘accès à l‘information pouvant peser sur la réaction de Pékin.

“C‘est un test. La vigueur de votre soutien à Google en Chine montre la vigueur de votre engagement pour la liberté en Chine, même si vous savez qu‘au bout du compte, Google recherche avant tout les profits”, estime Chen Yongmiao, militant chinois dont le site internet a été censuré par les autorités.

Le géant californien a engagé les hostilités en menaçant la semaine dernière de fermer son portail internet et ses activités dans le pays. Se disant victime d‘une cyberattaque coordonnée et “très sophistiquée”, il a affirmé ne plus vouloir subir la censure des autorités sur les résultats fournis par son moteur de recherche.

Mais Pékin n‘a montré aucun signe d‘infléchissement de sa politique de contrôle, faisant valoir que le pays était prêt à accueillir les compagnies étrangères qui contribuent au développement d‘internet à condition qu‘elles se conforment à la loi.

Selon la dernière enquête de Pékin concernant la Toile, 60,4% des 384 millions d‘internautes chinois ont entre 10 et 29 ans, une population que Google ou même l‘administration Obama aimeraient volontiers rallier à leurs causes.

Ainsi Barack Obama a-t-il choisi de s‘adresser aux internautes chinois lors de sa visite en Chine en novembre, déclarant être un “farouche partisan de la liberté d‘utilisation de l‘internet” lors d‘une rencontre avec des étudiants de Shanghai retransmise en direct sur le web.

BATAILLE INDÉCISE

Mais même si les Chinois qui ont la vingtaine ou la trentaine montrent plus de soif de liberté et de griefs à l’égard du gouvernement que d‘autres catégories d’âge, ils sont en même temps très patriotes et frileux concernant le changement politique, montrent de récents sondages.

Le quartier universitaire de Zhongguancun, dans le nord-est de Pékin, résume à lui seul l‘indécision de la bataille qui se joue.

Les étudiants, demandeurs d‘emplois et professionnels des nouvelles technologies qui cohabitent dans ce quartier - où Google possède d‘ailleurs son siège chinois - ont accueilli la menace d‘un retrait avec un mélange d‘admiration et de méfiance qui s‘est répandu sur les forums en ligne.

“Je pense que c‘est admirable de la part d‘une société de sacrifier ses bénéfices au nom d‘une idée”, juge Liu Wei, un comptable de 29 ans aux lunettes à larges montures et cheveux coupés avec soin.

“Pourquoi ne peut-on pas critiquer notre propre gouvernement si on souhaite le faire ? Pourquoi ne pas pouvoir choisir ce que nous voulons lire sur internet ?”

“C‘est parce que la Chine est différente !”, le coupe sa petite amie Sun Jingying, frêle étudiante de 26 ans.

“Il y a des choses dans ce pays que nous devons simplement accepter”, ajoute-t-elle, indiquant néanmoins qu‘elle serait triste que Google quitte la Chine. “J‘adorerais travailler pour eux”, souffle-t-elle.

Mais une partie de la jeunesse chinoise n‘hésite à dénoncer ce qu‘elle considère comme une marque de la présomption occidentale.

“Si (Google) ne peut pas gérer le piratage et la censure, c‘est leur problème”, juge un technicien informatique en route vers son cours de gymnastique, non loin du siège de Google. “Chaque pays a ses propres restrictions sur internet, donc il est naturel pour nous d‘avoir les nôtres, et si nous voulons les modifier, ce sont nos affaires.”

Une opinion que partage Su Xin, jeune diplômé en ingénierie aéronautique: “Je crois que nous devons accepter quelques restrictions au nom de la stabilité.”

Version française Jean Décotte, édité par Benoît Van Overstraeten

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