20 janvier 2010 / 15:26 / dans 8 ans

Alcatel devrait être contraint de lever des fonds en 2010

<p>Selon des analystes, Alcatel-Lucent sera probablement contraint de lever des fonds en Bourse ou d'&eacute;mettre des obligations pour renflouer son bilan en 2010, apr&egrave;s 12 trimestres cons&eacute;cutifs de pertes. /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

par Leila Abboud et Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent sera probablement contraint de lever des fonds en Bourse ou d’émettre des obligations pour renflouer son bilan en 2010, après 12 trimestres consécutifs de pertes, estiment des analystes.

L’équipementier télécom, né de la fusion entre Alcatel et l‘américain Lucent en 2006, enchaîne les restructurations depuis plus de trois ans pour tenter de redresser ses activités et de résorber ses pertes, mais il n‘a toujours pas réussi à générer régulièrement un flux de trésorerie positif, s‘inquiètent-ils.

Alcatel-Lucent doit rembourser 1,2 milliard d‘euros de dette l‘an prochain, plusieurs de ses échéances obligataires venant à terme, et pourrait se trouver forcé d’émettre de nouvelles actions, estime un banquier proche du groupe.

“Ce serait la prochaine étape logique après l’émission d‘obligations convertibles (que le groupe a effectué récemment)”, a déclaré le banquier.

Alcatel-Lucent a levé un milliard d‘euros en septembre dernier grâce à une émission d‘obligations de type Oceane, mais la société a depuis vu sa note de crédit dégradée, et elle a publié des résultats trimestriels mitigés.

En émettant des actions, le groupe s‘adresserait à une catégorie différente d‘investisseurs, a souligné le banquier.

Des analystes estiment également plus probable qu‘Alcatel procède à une augmentation de capital réservée à ses actionnaires plutôt qu‘une levée de fonds à grande échelle, dans un souci de rassurer ces investisseurs qui ont subi de plein fouet la dégringolade boursière du titre ces dix dernières années.

Monté jusqu’à 97 euros au plus haut de la bulle internet, le titre Alcatel est tombé sous le seuil d‘un euro en mars 2009, pour s’échanger désormais à environ 2,60 euros.

CINQ FOIS PLUS RISQUÉ QUE SES CONCURRENTS

Les agences de notation S&P et Moody’s ont déjà tiré la sonnette d‘alarme, dégradant la note de solidité du crédit du groupe.

L’écart sur le CDS à échéance de cinq ans , qui permet de mesurer le risque de défaut de paiement que les investisseurs attribuent à la dette d‘Alcatel-Lucent, s‘inscrit à plus de 575, soit plus de cinq fois le niveau du numéro un du secteur, Ericsson , et plus de sept fois l‘indice de référence ITraxx Europe , pour la même échéance.

“L‘entreprise a encore une trésorerie significative, mais en tenant compte des dettes arrivant bientôt à maturité et des perspectives incertaines en termes de cash flow, il pourrait être préférable pour le groupe de border sa flexibilité financière”, résume Wolfgang Draack, analyste chez Moody‘s.

Un porte-parole d‘Alcatel n‘a pas souhaité commenter une éventuelle levée de fonds, évoquant la période de silence précédant la publication des résultats annuels du groupe le 11 février prochain.

Alcatel-Lucent disposait d‘une trésorerie nette de 592 millions d‘euros (837 millions de dollars) au 30 septembre dernier, à comparer avec 4,76 milliards de dollars pour Ericsson et 7,4 milliards d‘euros (105 milliards de dollars) pour Nokia.

LE SPECTRE DE L‘EXPÉRIENCE NORTEL

L‘expérience du canadien Nortel Networks, qui a été contraint de déposer le bilan en janvier 2009, plane également sur le secteur.

Alcatel-Lucent a suffisamment de forces pour y échapper, disent des analystes, évoquant notamment l’éventail de produits très large du groupe et sa part de marché encore importante.

L’équipementier télécom connaît toutefois des difficultés plus prononcées que celles de ses concurrents.

“La trésorerie d‘Alcatel est modeste et le groupe génère aujourd‘hui un cash flow négatif. D‘autres équipementiers dans le secteur sont mieux capitalisés, et ils ont de meilleurs fondamentaux”, souligne Stuart Reid, analyste chez Fitch Ratings.

Le flux de trésorerie d‘Alcatel est négatif depuis la fusion avec Lucent en 2006, et le groupe a consommé 247 millions d‘euros en 2006, 866 millions en 2007 et 694 millions en 2008.

La société s‘est fixé pour objectif d‘atteindre l’équilibre opérationnel ajusté en 2009, et vise une marge opérationnelle de 5% en 2010.

Edité par Jean-Michel Bélot

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