20 janvier 2010 / 15:26 / il y a 8 ans

Pas de lumière au bout du tunnel pour les équipementiers télécom

<p>Selon des analystes, les &eacute;quipementiers t&eacute;l&eacute;com devraient conna&icirc;tre une ann&eacute;e 2010 difficile en d&eacute;pit de la reprise &eacute;conomique, et les groupes les plus faibles pourraient &ecirc;tre contraints de cesser leurs activit&eacute;s ou de se livrer &agrave; un pr&eacute;dateur. /Photo prise le 14 septembre 2009/Eric Gaillard</p>

par Leila Abboud et Tarmo Virki

PARIS/HELSINKI (Reuters) - Les équipementiers télécom devraient connaître une année 2010 difficile en dépit de la reprise économique, et les groupes les plus faibles pourraient être contraints de cesser leurs activités ou de se livrer à un prédateur.

Durement touché par la récession, le secteur, dont la taille mondiale avoisine les 55 milliards d'euros de chiffre d'affaires, a pâti en 2009 de la baisse d'environ 10% des dépenses des opérateurs télécoms.

Les marges et les résultats des équipementiers européens et américains ont quant à eux fait les frais d'une concurrence accrue sur les prix de la part des groupes chinois Huawei et ZTE.

Le marché pourrait de nouveau reculer en 2010, de l'ordre de 2% selon le cabinet d'analyse Gartner. Au mieux, les grands acteurs du secteur tablent quant à eux sur une légère croissance des ventes.

Même l'avènement de la technologie mobile de quatrième génération ("LTE") et l'explosion du trafic de données sur les réseaux mobiles ne suffiront pas à doper la taille ou la rentabilité du marché, estiment des experts.

Les spécialistes expliquent que les investissements attendus sur de nouvelles technologies compenseront seulement la réduction des budgets consacrés aux anciennes, et que les prix devraient rester sous pression.

"Cette année va être plus difficile que l'an dernier pour ces entreprises", résume Paolo Pescatore, analyste chez CCS Insight.

Les perspectives moroses laissent présager une poursuite de la consolidation dans le secteur, estime de son côté Bengt Nordstrom, patron de la société suédoise de consulting Northstream.

"Les prix actuels ne sont clairement pas à un niveau qui puisse soutenir durablement l'existence de plusieurs équipementiers mobiles", a-t-il expliqué.

"Nous tablons sur une réduction du nombre d'équipementiers présents sur l'ensemble de la chaîne d'infrastructures (fixe et mobile) à trois acteurs en 2010."

ALCATEL EST LE PLUS FAIBLE

Plusieurs patrons et analystes du secteur ont tenu des propos similaires, dont Rajeev Suri, directeur général de Nokia Siemens Networks (NSN) , sans toutefois tabler sur une consolidation dès cette année.

Parmi les grands équipementiers, le Français Alcatel-Lucent dispute le terrain aux européens Ericsson et Nokia Siemens Networks, ainsi qu'aux chinois Huawei et ZTE.

Grâce à sa taille, le numéro un mondial des équipements pour réseaux mobiles Ericsson est le mieux positionné pour tirer son épingle du jeu, aux côtés de Huawei, qui se distingue grâce à sa structure de coûts réduite et sa montée en force technologique, disent des analystes.

Alcatel, qui a enregistré 12 trimestres consécutifs de pertes depuis sa fusion avec Lucent en 2006, est perçu comme le plus faible du fait de sa taille réduite dans l'activité de réseaux mobiles, sa structure de coûts élevée et les restructurations en cours au sein du groupe.

La société franco-américaine pourrait être la cible d'une OPA ou pourrait se trouver contrainte de céder d'autres actifs, stratégiques ou non, si elle ne parvient pas à se redresser cette année, estiment des analystes.

Ils soulignent également qu'Alcatel ne dispose pas d'actionnaires capables de renflouer ses caisses.

IMPACT INCERTAIN DE "LTE"

Les équipementiers misent sur l'arrivée de la norme "LTE", dix fois plus rapide que la majorité des technologies mobiles actuelles, mais il reste à voir si elle aura un impact clair sur les ventes et les résultats du secteur.

Le scénario émerge selon lequel les opérateurs pourraient réduire leurs dépenses dans d'autres catégories pour investir dans la technologie "LTE".

"Le problème fondamental c'est qu'il y a très peu de croissance du chiffre d'affaires dans les marchés matures pour les opérateurs mobiles, et 'LTE' ne changera rien à cette tendance", résume Pal Zarandy, analyste chez Rewheel, un cabinet de consulting dans les télécoms.

"En l'absence de croissance, les opérateurs doivent mettre l'accent sur les réductions de coûts. Ils doivent renégocier le prix des infrastructures ainsi que les frais de maintenance, ce qui est une source clé de revenus pour les équipementiers."

Les premiers déploiements d'équipements "LTE" sont attendus en fin d'année 2010, avec le démarrage d'un projet par Verizon aux Etats-Unis.

Verizon a sélectionné Alcatel-Lucent et Ericsson comme principaux fournisseurs en "LTE".

Version française Marie Mawad, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below