15 janvier 2010 / 06:31 / il y a 8 ans

Pékin tente de minimiser l'affaire Google

<p>La d&eacute;cision de Google de se retirer de Chine n'affectera pas les relations commerciales entre Washington et P&eacute;kin, affirme le minist&egrave;re chinois du Commerce, pr&eacute;cisant qu'il existait plusieurs voies pour r&eacute;soudre ce probl&egrave;me avec les Etats-Unis. /Photo prise le 15 janvier 2010/Alfred Jin</p>

par Aileen Wang

PEKIN (Reuters) - La décision de Google de se retirer de Chine n'affectera pas les relations commerciales entre Washington et Pékin, a dit vendredi le ministère chinois du Commerce, précisant qu'il existait plusieurs voies pour résoudre ce problème avec les Etats-Unis.

Les entreprises étrangères doivent maintenir leur confiance dans les perspectives du marché chinois, a déclaré à la presse le porte-parole du ministère du Commerce, Yao Jian.

Il a toutefois répété que toutes les entreprises étrangères, Google y compris, devaient se conformer au droit chinois.

Washington a fait savoir qu'il était trop tôt pour dire quelles conséquences cette affaire pourrait avoir sur les relations économiques avec Pékin.

Toutefois, le département d'Etat a annoncé qu'il demanderait des explications à la Chine. "Nous allons entreprendre une démarche officielle auprès du gouvernement chinois à Pékin sur cette affaire dans les jours qui viennent, probablement en début de semaine prochaine", a déclaré le porte-parole, P.J. Crowley.

"Nous ferons part de nos inquiétudes sur cet incident et demanderons des informations à la Chine pour expliquer comment cela a pu se produire et ce qu'elle compte faire", a-t-il dit.

Le géant de l'internet a fait part de son intention de se retirer de Chine en raison de la censure et après avoir été la cible d'une cyberattaque.

Google, qui prévoit notamment de ne plus proposer son moteur de recherche google.cn, a dit espérer pouvoir travailler avec les autorités chinoises pour un accès sans restriction au web.

La société américaine a toutefois indiqué que son portail continuait d'être l'objet d'un filtrage. "Les résultats des demandes sur google.cn continuent d'être censurés", dit un porte-parole de Google dans un communiqué.

MICROSOFT N'ENTEND PAS QUITTER LA CHINE

L'entreprise californienne a obtenu jeudi le soutien des autorités américaines qui ont estimé que cette question revêtait une importance économique considérable et qu'elle entachait la libre circulation de l'information.

"Il me semble que les principes que Google tente de défendre ne sont pas seulement importants d'un point de vue moral ou en termes de droits mais qu'ils ont également une importance économique considérable", a dit à la presse Lawrence Summers, conseiller économique de la Maison blanche.

Il a souligné que la circulation de l'information était essentielle à un moment où l'économie chinoise évolue d'un stade industriel à un stade fondé sur la connaissance.

Selon la société McAfee, spécialisée dans la sécurité sur internet, l'attaque visant Google a été perpétrée grâce à une faille jusqu'alors inconnue dans le navigateur Internet Explorer développé par Microsoft. Cette attaque est considérée par les autorités américaines comme l'un des cas de piratage les plus perfectionnés jamais enregistrés.

Google a dit mardi avoir été la cible à la mi-décembre d'une attaque lancée de Chine qui a abouti à des vols de données couvertes par le droit sur la propriété intellectuelle. Au total une vingtaine d'autres sociétés auraient été ainsi infiltrées.

Selon McAfee, les pirates, qui ont baptisé leur attaque "Opération Aurora", ont trompé des employés de ces sociétés en les amenant à cliquer sur le lien d'un site qui a, en secret, téléchargé un logiciel malveillant sur leurs ordinateurs.

"Nous n'avons jamais vu d'attaques aussi sophistiquées dans la sphère commerciale. Cela n'existait que dans la sphère gouvernementale", a noté Dmitri Alperovitch, vice-président du département de la recherche chez McAfee.

Microsoft doit maintenant proposer une mise à jour de son navigateur, qui est utilisé sur des centaines de millions d'ordinateurs dans le monde.

Minimisant les inquiétudes exprimées par Google, Microsoft a annoncé qu'il n'avait pas l'intention de se retirer de Chine.

"Je ne comprends pas comment cela pourrait aider en quoi que ce soit", a déclaré Steve Balmer, P-DG de Microsoft. "Je ne vois pas en quoi cela nous aiderait et cela aiderait la Chine".

Avec les rédactions de Pékin et Shanghaï et Arshad Mohammed à Washington, version française Pierre Sérisier et Jean-Loup Fiévet, édité par Gilles Trequesser

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