Les ados accros à internet sont plus enclins à l'automutilation

lundi 7 décembre 2009 16h41
 

SYDNEY (Reuters) - Les adolescents accros à internet sont plus enclins à l'automutilation, selon une étude australo-chinoise.

Des scientifiques ont suivi 1.618 adolescents âgés de 13 à 18 ans de la province chinoise du Guangdong qui se frappaient eux-mêmes, s'arrachaient les cheveux, se pinçaient ou se brûlaient et les ont soumis à un test d'addiction à internet.

La cyberdépendance, qui présente des symptômes comparables à ceux observés pour d'autres addictions, a été répertoriée comme un trouble psychologique depuis le milieu des années 90.

Le test a révélé qu'environ 10% des étudiants étudiés présentaient une dépendance modérée à internet, tandis que moins d'un pour cent d'entre eux étaient confrontés à une forme sévère.

Les jeunes gens considérés comme modestement touchés étaient 2,4 fois plus susceptibles de s'être blessés eux-mêmes de une à cinq fois au cours des six mois précédents que ceux qui ne l'étaient pas, a déclaré Lawrence Lam de l'Université de Notre Dame d'Australie.

Les étudiants qui étaient de modérément à sévèrement touchés avaient cinq fois plus de risques que ceux qui ne souffraient pas d'addiction de s'être blessés au moins six fois au cours de la même période, ont indiqué Lawrence Lam et ses collègues de l'université Sun Yat-Sen de Guangzhou.

"Au cours des dernières années, l'accès à internet s'étant démocratisé dans de nombreux pays asiatiques, la cyberdépendance est devenu un trouble mental de plus en plus courant chez les adolescents", soulignent les chercheurs dans leur étude publiée par Injury Prevention.

"De nombreuses études ont mis en évidence des liens entre l'addiction à internet, des symptômes psychiatriques et la dépression chez les adolescents."

Pour les chercheurs, ces résultats suggèrent que l'addiction à internet est un facteur de risque indépendant d'une attitude auto-destructrice et invitent à d'autres études.

Les experts définissent la cyberaddiction, entre autres, comme un sentiment de dépression, de nervosité, de morosité ne disparaissant que quand l'internaute se connecte.

Laura Buchholz, version française Catherine Mallebay-Vacqueur

 
<p>Les adolescents accros &agrave; internet sont plus enclins &agrave; l'automutilation, selon une &eacute;tude australo-chinoise. /Photo d'archives/REUTERS</p>