22 octobre 2009 / 17:02 / dans 8 ans

La pratique sanctionnée par Hadopi tombe en désuétude

<p>Le t&eacute;l&eacute;chargement ill&eacute;gal vis&eacute; par les lois dites Hadopi est en forte baisse dans les pratiques de piratage, progressivement remplac&eacute; par de nouvelles technologies plus difficiles &agrave; contr&ocirc;ler, disent des experts. /Photo d'archives/REUTERS/</p>

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - Le téléchargement illégal visé par les lois dites Hadopi est en forte baisse dans les pratiques de piratage, progressivement remplacé par de nouvelles technologies plus difficiles à contrôler, disent des experts.

Selon une étude menée par la société Arbor Networks à partir des données de 110 fournisseurs d‘accès à internet, le peer-to-peer, partage de fichiers entre utilisateurs via des plates-formes de téléchargement, ne représente plus que 18% du trafic mondial en 2009 contre 40% deux ans plus tôt.

Le “streaming” et le téléchargement direct (direct download) éclipse le peer-to-peer, selon Arbor Networks.

Ces pratiques se répandent notamment grâce à l‘expansion de l‘internet illimité à haut débit, qui concerne près de 19 millions de foyers français.

Le téléchargement direct permet de se procurer toutes sortes de fichiers hébergés sur des serveurs à l’étranger. Le plus populaire d‘entre eux, Rapidshare, est le 17e site le plus visité au monde selon le site de statistiques Alexa.com.

Les liens de téléchargement de films sont facilement trouvables grâce aux moteurs de recherche.

Le streaming, qui consiste à écouter de la musique ou regarder des vidéos pendant la connexion, est jugé plus simple et moins risqué que le peer-to-peer, pour l‘ordinateur comme pour le contrevenant.

Les plates-formes de téléchargement illégal réservent de mauvaises surprises aux pirates: les fichiers peuvent être des virus, les longs métrages des films pornographiques, les chansons sont parfois brouillées.

Leurs utilisateurs sont aussi visés par les autorités depuis plusieurs années, même si les obstacles rencontrés par les lois Hadopi montrent la difficulté de légiférer sur le sujet.

SUCCÈS DU STREAMING LÉGAL ET ILLÉGAL

En mars dernier, le porte-parole de l‘UMP Frédéric Lefebvre, alors député, avait demandé en vain la création d‘une commission d‘enquête parlementaire sur le streaming illégal.

Son collège Lionel Tardy, au fait des nouvelles technologies et opposé à Hadopi, reconnaît que le streaming n‘a pas été au centre des préoccupation des députés ni du gouvernement lors de la rédaction des lois mais minimise son importance.

“De toute façon, personne n‘a été foutu de nous donner des chiffres des différentes pratiques de piratage”, regrette-t-il. Le député UMP souhaite que “tout soit remis à plat pour aborder les moyens de téléchargement comme les moyens de financement”.

Le créateur d‘un site d‘information sur le streaming (www.stream-actu.com) affirme lui aussi que le développement de l‘offre légale est le seul moyen de mettre un terme au piratage.

“Ce que les majors n‘ont pas compris, c‘est qu‘il n‘y a pas que la répression qui marche. Les systèmes légaux marchent très bien”, dit Konrad Chmielewski, citant les succès des systèmes de télévision de rattrapage (“catch-up tv”), des services d’écoute de musique gratuite, ou des sites YouTube et Dailymotion.

Le site français Blogmusik a dû fermer en 2007, lorsque la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) l‘a menacé de poursuites judiciaires. Quelques mois plus tard, après un accord de partage des revenus publicitaires avec la Sacem, des grandes maisons de disques et des artistes indépendants, il renaissait sous le nom Deezer.

Il a attiré 5,7 millions de visiteurs uniques en août, selon Nielsen Netratings, et va lancer une version mobile payante.

L‘utilisateur ne peut stocker les titres sur son disque dur mais des logiciels permettent d‘enregistrer les flux lus sur l‘ordinateur, dévoyant ainsi le principe de l‘offre légale.

Les producteurs peinent à lutter contre son pendant illégal, qui concerne davantage les films et les séries télévisées.

Les sites hébergeant des contenus pirates mis en ligne par des utilisateurs sont basés principalement à Hong-Kong. D‘autres sites servent d‘annuaires, organisant et accueillant sur leurs pages des vidéos stockées chez les premiers.

Depuis 2008, une vague de fermeture touche ces sites catalogues lorsqu‘ils sont basés en France, sous la menace de poursuites judiciaires pour complicité de contrefaçon.

Mais des dizaines de sites en langue française demeurent, souvent basés au Maroc ou aux Pays-Bas, note Konrad Chmielewski.

Edité par Yves Clarisse

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