20 octobre 2009 / 17:03 / il y a 8 ans

La 4e licence mobile 3G, un cadeau empoisonné ?

par Marie Mawad

<p>Des analystes estiment que l'attribution d'une 4e licence de t&eacute;l&eacute;phonie mobile de 3e g&eacute;n&eacute;ration (3G) pourrait s'av&eacute;rer une meilleure affaire pour les Fran&ccedil;ais que pour le nouvel op&eacute;rateur, contraint d'investir massivement pour se frayer une place sur un march&eacute; devenu tr&egrave;s concurrentiel. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>

PARIS (Reuters) - L‘attribution d‘une 4e licence de téléphonie mobile de 3e génération (3G) pourrait s‘avérer une meilleure affaire pour les Français que pour le nouvel opérateur, contraint d‘investir massivement pour se frayer une place sur un marché devenu très concurrentiel, estiment des analystes.

Après des enchères infructueuses en 2007, l‘Arcep a ouvert en juillet un nouvel appel à candidatures, qui court jusqu‘au 29 octobre à midi, au prix de 240 millions d‘euros pour dix mégahertz répartis sur deux bandes passantes.

Le régulateur des télécoms espère ainsi stimuler la concurrence sur le marché français du mobile, arrivé à maturité, qui représente 28 milliards d‘euros de chiffre d‘affaires et compte 57 millions d‘abonnés.

Le bien-fondé d‘un quatrième entrant est toutefois régulièrement remis en cause, surtout depuis que le président Nicolas Sarkozy a exprimé des réserves sur la question, selon des propos rapportés par la presse en septembre dernier.

“Le prix le plus bas n‘est pas forcément le meilleur”, aurait-il déclaré, soulevant des interrogations sur d’éventuels obstacles politiques à l‘entrée d‘un nouvel opérateur, qui viendraient s‘ajouter aux défis économiques.

“Le risque opérationnel est énorme pour le nouvel entrant, et ça risque d’être très perturbant pour les concurrents”, a déclaré à Reuters Stuart Reid, analyste de l‘agence Fitch Ratings.

Le quatrième opérateur devra investir massivement pour déployer son propre réseau, mais une opinion publique défavorable aux antennes-relais, en raison de craintes sur la santé, pourraient retarder significativement ses projets, soulignent des spécialistes.

Pour grignoter des parts de marché à France Télécom, SFR et Bouygues Télécom, le nouvel opérateur devra également dépenser d‘importantes sommes en marketing et en subventions d‘appareils.

“Si vous partez de rien, plus tard que les autres, sans infrastructure pour écouler le trafic et sans réseau commercial pour distribuer, c‘est un sacré pari!”, dit à Reuters Yves Gassot, directeur général de l‘Idate.

Le régulateur français des télécoms doit rendre une décision en 2010, probablement au premier semestre, pour une entrée du quatrième licencié à partir de la fin 2011.

Le quatrième entrant prendrait vraisemblablement 5% du marché à l‘horizon 2015, selon une note de Citi, tandis que l‘analyste de Raymond James évalue sa part future à environ 8%.

“En cassant les prix, un nouvel entrant pourrait prendre 5 à 6% du marché en deux à trois ans”, estime de son côté l‘analyste Stuart Reid de Fitch Ratings.

Ailleurs en Europe, l‘expérience d‘autres derniers entrants, arrivés entre 2003 et 2007, montre qu‘aucun d‘entre eux n‘a engrangé de bénéfice à ce jour.

ILIAD, PLUS RAPIDEMENT RENTABLE

Alors qu‘approche la date limite de dépôt des dossiers auprès de l‘Arcep, les intéressés à s’être déclarés sont rares et il n‘est pas exclu qu‘une seule candidature soit déposée : celle du fournisseur d‘accès à internet Iliad, éconduit en 2007.

Le propriétaire des marques Free et Alice estime pouvoir surmonter les obstacles en s‘appuyant sur ses activités actuelles dans le fixe, ses 4,4 millions d‘abonnés et la notoriété de sa marque.

“Notre point mort est bien inférieur à ce que pensent plusieurs observateurs du fait de la taille de nos activités existantes”, a déclaré le directeur financier Thomas Reynaud dans une interview à Reuters.

“Nous avons déjà nos propres infrastructures de réseau fixes à travers le territoire français”, a-t-il ajouté.

Iliad, qui prévoit d‘investir un milliard d‘euros au cours des cinq à sept prochaines années, serait donc en mesure de rentabiliser ses activités mobiles plus rapidement.

Pour couvrir l‘ensemble du territoire, l‘accord d‘itinérance que le nouvel entrant signera avec l‘un de ses concurrents, à condition de desservir 25% de la population nationale avec son propre réseau, sera toutefois déterminant.

BAISSE DE LA FACTURE TÉLÉPHONIQUE

Plus que son impact en terme de part de marché, les analystes estiment qu‘un nouvel entrant exercera une pression importante à la baisse sur les prix du mobile en France.

“France Télécom, SFR et Bouygues ont suivi des stratégies différentes, mais ils ont tous fait attention à ne pas détruire de la valeur sur le marché en état agressif sur les prix”, indiquent les analystes de Citi dans une note.

Le fondateur d‘Iliad, Xavier Niel, a affirmé sa volonté de diviser par deux la facture mobile moyenne des foyers français, et possède une étiquette d‘opérateur “low cost” du point de vue de certains analystes du secteur.

Le nouvel entrant pourrait avoir un impact de l‘ordre de 10% sur les prix du marché dès 2011, selon Citi, notamment du fait des offres que les opérateurs concurrents lanceront pour le contrecarrer.

Avec la contribution de Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot

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