16 octobre 2009 / 12:13 / il y a 8 ans

Le livre peut éviter les erreurs de l'industrie musicale

par Georgina Prodhan

<p>L'industrie du livre est mieux pr&eacute;par&eacute;e pour tirer partie de la r&eacute;volution num&eacute;rique que ne l'&eacute;tait l'industrie musicale il y a dix ans. Les &eacute;diteurs de livres disposent pour vendre et am&eacute;liorer leurs produits de solutions que leurs homologues n'avaient pas. /Photo prise le 12 octobre 2009/REUTERS/Johannes Eisele</p>

FRANCFORT (Reuters) - L‘industrie du livre est mieux préparée pour tirer partie de la révolution numérique que ne l’était l‘industrie musicale il y a dix ans, les éditeurs de livres disposant pour vendre et améliorer leurs produits de solutions que leurs homologues n‘avaient pas.

La demande pour des livres électroniques augmentera fortement, alimentée par des outils comme le Kindle d‘Amazon et le service de distribution en ligne de Google. Et l‘industrie du livre “matériel” redoute de subir le même déclin que l‘industrie musicale.

Cela étant, les parallèles ne sont pas forcément valables dans la mesure où musique et livres ne sont pas utilisés de la même manière et que les deux industries en sont à des stades de développement différents.

Dans le cadre du Salon du livre de Francfort, des représentants des deux industries se sont accordés pour dire qu‘ils n‘avaient pas agi suffisamment vite et avec suffisamment de force pour défendre leurs droits d‘auteur et exploiter les nouvelles opportunités offertes par internet.

“Nous devons agir maintenant. Nous ne pouvons pas nous permettre d‘attendre, d‘analyser, et d‘observer à nouveau”, a déclaré Alexander Skipis, président de l‘association professionnelle du livre d‘Allemagne, lors d‘une table ronde à l‘intitulé révélateur: “Apprendre de l‘industrie musicale”.

L‘industrie du livre craint que le piratage numérique, un des facteurs des difficultés de l‘industrie musicale, ne se propage, de nombreux consommateurs considérant désormais que les contenus en ligne sont gratuits.

Cela étant, l‘industrie du livre a un temps d‘avance sur l’état où se trouvait l‘industrie musicale lorsque le site de partage en ligne Napster a fait son apparition il y a dix ans, ouvrant la voie à une multitude de sites illégaux de partage de fichiers MP3.

A l’époque, iTunes, le site de musique en ligne d‘Apple - la plateforme de téléchargement légal de musique la plus utilisée - ne devait être lancé que deux ans plus tard, mais le marché était déjà prêt pour la distribution de musique en ligne.

A l‘inverse, les sites légaux de téléchargement de livres électroniques se mettent rapidement en place, avec des ventes estimées à 3 millions de livres cette année. Google a annoncé jeudi l‘ouverture d‘un magasin en ligne accessible depuis n‘importe quel appareil muni d‘un accès à internet.

DES OPPORTUNITÉS

Le chiffre d‘affaires de l‘industrie musicale en Europe est en baisse depuis 2001 et ne devrait pas recommencer à croître avant 2011. D‘après la société d’études Forrester, le partage de fichiers est quatre fois plus répandu que les téléchargements payants parmi les Européens de 16 à 19 ans.

Le marché européen de la musique enregistrée est désormais estimé à 7 milliards d‘euros par an, contre près de 12 milliards d‘euros en 2001. A l‘inverse, le chiffre d‘affaires des éditeurs de livres a augmenté de 1% aux Etats-Unis en 2008, à 40,3 milliards de dollars (27 milliards d‘euros), d‘après la publication Book Industry Trends 2009.

A Francfort, où à lieu le plus important salon du livre au monde, l‘ambiance est un peu morose cette année, avec un nombre de visiteurs et d‘exposants en légère baisse.

Pourtant, la distribution de livres par voie électronique offre certaines opportunités que le livre papier n‘offre pas: obtenir les commentaires des lecteurs, vendre de la publicité à côté des textes, proposer des suppléments comme des entretiens avec les auteurs ou publier un livre chapitre par chapitre, comme une série.

LE PIRATAGE

Même le piratage, que l‘industrie craint le plus alors qu‘elle commence à être présente en ligne, pourrait ne pas constituer une menace, comme le montre une étude du cabinet de conseil Magellan Media, présentée au salon de Francfort.

L’étude, encore limitée dans son ampleur, a porté sur les ventes de 66 titres de l’éditeur O‘Reilly et a analysé sur un an l‘impact du piratage sur les ventes physiques et “dématérialisées” de ces titres.

Les résultats montrent que les ventes légales des 21 titres qui ont été piratés ont atteint un pic après le début du piratage - ce qui suggère que pour certaines niches du marché le piratage pourrait être une forme de marketing gratuit.

Brian O‘Leary, consultant chez Magellan, ajoute que les comparaisons avec l‘industrie musicale ne tiennent pas: “Il y a un monde entre consacrer 15 heures à la lecture d‘un livre et un clip musical de 30 secondes.”

L‘industrie musicale avançait il y a quelques années que le piratage allait provoquer une détérioration de la qualité de la musique enregistrée. L‘argument voulait que si l‘industrie musicale n‘avait pas assez de revenus, il lui serait impossible de valoriser de nouveaux talents.

Dix ans plus tard, bien plus de gens écoutent de la musique à un coût bien plus faible qu‘avant, sans qu‘il y ait eu de détérioration appréciable de la qualité - même si des artistes comme la chanteuse britannique Lily Allen ont menacé d‘arrêter parce qu‘il est trop difficile de gagner de l‘argent.

Georgina Prodhan, version française Sonia Manueco

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