16 octobre 2009 / 10:23 / dans 8 ans

Le piratage court-circuite la sortie de Windows 7 en Chine

<p>Une h&ocirc;tesse du salon Computex 2009 &agrave; Taipei, devant les logos de syst&egrave;mes d'exploitation de Microsoft. Une semaine avant le lancement officiel de Windows 7, des copies pirates du nouveau syst&egrave;me de l'&eacute;diteur circulent d&eacute;j&agrave; sur les &eacute;tals chinois pour une vingtaine de yuans (deux euros). /Photo prise le 2 juin 2009/REUTERS/Nicky Loh</p>

par Kelvin Soh et Melanie Lee

TAIPEH/SHANGHAI (Reuters) - Une semaine avant le lancement officiel de Windows 7, des copies pirates du nouveau système d‘exploitation de Microsoft circulent déjà sur les étals chinois pour une vingtaine de yuans (deux euros).

Cette “sortie anticipée” de Windows 7, dont le prix en magasin peut dépasser 280 euros en fonction des versions et des pays, souligne toute la difficulté pour les éditeurs de logiciels de gagner de l‘argent en Chine, le deuxième fabricant mondial de PC.

Selon l‘institut d’études IDC, environ 80% des logiciels vendus sur le marché chinois en 2008 étaient des versions piratées. Soit le double de la moyenne mondiale, et le quadruple de la proportion observée dans les pays industrialisés comme les Etats-Unis ou le Japon.

“Le principal problème qui pousse au piratage en Chine aujourd‘hui, c‘est le prix”, juge Matthew Cheung, analyste pour le cabinet Gartner.

“Si vous essayez de vendre un programme qui coûte 2.000 yuans (200 euros environ, ndlr) à un étudiant qui dispose de 400 yuans (40 euros) par mois pour vivre, cela n‘est tout simplement pas viable pour la plupart des consommateurs.”

Conscient du risque, Microsoft a baissé l‘an dernier les prix de sa suite bureautique Office 2007, de 699 à 199 yuans. Le géant de Redmond compte également vendre une version simplifiée de Windows 7 pour 399 yuans... soit quinze à vingt fois le prix d‘une copie pirate.

Le géant des logiciels lancera officiellement son nouveau système d‘exploitation le 22 octobre.

MANQUE À GAGNER DE 6,6 MILLIARDS DE DOLLARS EN 2008

Les violations de la propriété intellectuelle en Chine restent un point noir dans les relations entre Pékin et ses partenaires commerciaux, même si les autorités tentent de réprimer une contrefaçon qui va des faux sacs Gucci aux logiciels pirates.

“Des signes montrent que le renforcement de la législation va dans le bon sens, et cela devrait permettre aux choses de s‘améliorer”, juge Steve Vickers, président de FTI-International Risk.

Selon la Business Software Alliance, qui réunit les éditeurs de logiciels, le secteur a enregistré un manque à gagner de 6,6 milliards de dollars (4,4 milliards d‘euros) l‘an dernier à cause du piratage en Chine, un montant seulement dépassé sur la période par la perte enregistrée sur le marché américain.

La plupart des experts s‘accordent à dire que le piratage en Chine est un problème à long terme, mais les conditions devraient s‘améliorer à mesure que les éditeurs baissent leurs prix, que le degré d’éducation des consommateurs augmente et que le niveau de vie progresse.

“Le piratage en Chine diminue d‘année en année parce que le gouvernement surveille davantage (ce problème) et que l’écart de prix entre l‘original et la copie se réduit”, note Qian Liyong, qui dirige le Projet sino-européen sur la protection des droits d‘auteurs, basé à Pékin.

Selon Gartner, le taux de logiciels piratés en Chine devrait retomber à 50% d‘ici 2012, s‘alignant presque avec celui de marchés développés comme Hong Kong.

Pour lutter contre ce fléau, Microsoft a lancé l‘an dernier une campagne originale: faire s‘afficher un écran noir toutes les heures sur les ordinateurs chinois équipés d‘une version pirate de Windows XP.

Mais des milliers d‘utilisateurs dans le pays, agacés par la mesure, ont choisi d‘opter pour des logiciels libres développés par des éditeurs chinois, comme Kingsoft.

Certains estiment que ce type de logiciels gratuits, accessible via internet et financés par la publicité, pourraient limiter le piratage en Chine en faisant reposer le coût de développement sur les annonceurs, et plus sur les utilisateurs.

Version française Jean Décotte

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