Stéphane Richard promet des réformes profondes à France Télécom

jeudi 8 octobre 2009 20h20
 

BORDEAUX (Reuters) - Stéphane Richard, le nouveau numéro deux de France Télécom, s'est engagé jeudi à des "réformes profondes" au sein de l'entreprise, confrontée à une vague de suicides depuis début 2008.

Stéphane Richard, nommé lundi en remplacement de Louis-Pierre Wenes, a entamé à Bordeaux un tour de France au cours duquel il rencontrera les cadres et les salariés du groupe qui a connu 24 suicides en vingt mois.

"On ne peut pas ne pas tirer les conséquences de la crise dans laquelle nous sommes (...). Oui, il y aura un certain nombre de réformes profondes", a-t-il dit à la presse.

Concernant les outils de surveillance et d'évaluation des salariés, qualifiés de "flicage" par les syndicats, Stéphane Richard les a jugés nécessaires mais perfectibles.

"Je comprends qu'il y ait un certain nombre de salariés qui vivent mal ces outils. Je souhaite qu'on ait la possibilité de les expliquer, peut-être de les améliorer dans certains cas", a-t-il dit.

"Si les salariés les ressentent comme un système de flicage, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas", a-t-il souligné.

Pour Stéphane Richard, entré il y a quelques mois chez l'opérateur et successeur désigné du P-DG Didier Lombard, des "mesures fortes" devront être prises "avant la fin de l'année".

Une intersyndicale de France Télécom a été reçue jeudi à Paris par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, et par le rapporteur de la commission du parti majoritaire sur "la souffrance au travail", Jean-Frédéric Poisson.

"Je veux vraiment que, sur la souffrance au travail (...), on puisse essayer de proposer dans les semaines qui viennent des recommandations pour que tout cela évolue en profondeur", a dit Jean-François Copé à l'issue de la réunion.

Les députés communistes ont déposé mercredi une demande de création d'une commission d'enquête parlementaire sur "les conséquences des restructurations permanentes à France Télécom".

Claude Canellas, avec Emile Picy à Paris, édité par Clément Guillou

 
<p>St&eacute;phane Richard (&agrave; gauche), le nouveau num&eacute;ro deux de France T&eacute;l&eacute;com, s'est engag&eacute; jeudi &agrave; des "r&eacute;formes profondes" au sein de l'entreprise, confront&eacute;e &agrave; une vague de suicides depuis d&eacute;but 2008. /Photo prise le 6 octobre 2009/REUTERS/Charles Platiau</p>