8 octobre 2009 / 13:36 / il y a 8 ans

Une surenchère de Vivendi sur le brésilien GVT peu probable

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Il paraît peu probable que Vivendi se lance dans une coûteuse bataille d‘enchères sur GVT étant donné que le marché de la téléphonie fixe brésilien est peu stratégique pour lui, estiment jeudi les analystes au lendemain de la contre-offre lancée par Telesp.

Un mois après l‘OPA amicale surprise de 42 reals par action de Vivendi sur GVT, Telesp, filiale brésilienne de Telefonica, a surenchéri à 48 reals par action, valorisant le groupe brésilien à environ 2,5 milliards d‘euros.

Vivendi, qui a interrompu en juillet des discussions en vue du rachat des actifs africains de l‘opérateur mobile koweïtien Zain, continuera à rechercher des acquisitions dans les pays émergents s‘il jette l’éponge dans le dossier GVT, soulignent aussi des analystes.

Une porte-parole du numéro un européen du divertissement n‘a pas souhaité fournir d‘indications sur les intentions du groupe.

“Le ‘due diligence’ était en cours de finalisation la semaine dernière’”, a-t-elle simplement précisé.

Avant l‘annonce de Telesp, une source proche du dossier a déclaré mercredi à Reuters que Vivendi avait l‘intention de réunir le 14 octobre son conseil d‘administration sur GVT, son OPA amicale étant soumise à des conditions devant être remplies avant le 16 octobre - notamment des “due diligence”.

“Nous doutons que Vivendi s‘engage dans une bataille d‘enchères pour GVT : après tout le Brésil n‘est pas stratégique pour le groupe français, dont la direction s‘est montrée disciplinée en évitant de surpayer (des acquisitions) lors de récentes négociations”, souligne Bernstein Research dans une note.

Vivendi s‘est montré attaché au maintien de la note de sa dette à BBB et à la distribution d‘au moins la moitié de son résultat net ajusté à ses actionnaires en 2009.

Bernstein Research note la mutation rapide du marché brésilien de la téléphonie fixe, passant de monopoles régionaux à un marché plus compétitif et d‘envergure nationale.

“Si GVT devait tomber entre les mains de Vivendi, cela représenterait un défi supplémentaire pour un secteur déjà dans une phase délicate”, précise-t-il. “Il est quasiment impossible de savoir si l‘acquisition de GVT sera ou non créatrice de valeur à long terme”.

ENTRÉE DE CASH DE NBCU ?

Pour Credit suisse, le rachat de GVT présente un intérêt stratégique crucial pour Telesp afin de concurrencer Telemar au niveau national et ne s‘attend pas à une bataille d‘enchères.

“Vivendi pourrait payer en théorie plus de 60 reals par action et cela resterait relutif”, souligne UBS. “Néanmoins nous continuons à penser que Telefonica peut théoriquement payer plus que Vivendi étant donné le potentiel de synergies plus élevé”.

Les analystes avaient anticipé des difficultés pour l‘offre de Vivendi en raison de la présence chez GVT d‘une “pilule empoisonnée” qui empêche tout changement de contrôle du groupe à moins d‘une prime d‘au moins 25% sur le pic du titre au cours de l‘année écoulée.

Natixis Securities, qui estime lui aussi qu‘une surenchère de Vivendi serait difficilement compréhensible, n‘exclut pas l‘arrivée de nouveaux candidats au rachat de GVT, comme les mexicains Telmex ou America Movil.

UBS note que Vivendi devrait continuer à rechercher des acquisitions sur les marchés des télécoms dans les pays émergents.

L‘intermédiaire note au passage que la contre-offre de Telefonica sur GVT rend peu probable une nouvelle offre conjointe avec Vivendi pour la plate-forme de télévision payante Digital+, propriété du groupe de médias espagnol Prisa, sur laquelle ils avaient discuté ensemble sans succès fin 2008.

“Vivendi a maintenant échoué à acquérir deux groupes de télécoms dans les marchés émergents (si l‘offre sur GVT échoue) et pourrait obtenir une entrée de cash importante s‘il cède sa participation dans NBC Universal”, résume de son côté Citigroup, qui estime que Telesp a gagné par KO face à Vivendi.

General Electric, qui possède 80% de NBC Universal, a annoncé vendredi dernier avoir engagé des discussions en vue d‘un partenariat ou d‘une introduction en Bourse de sa filiale, dont Vivendi détient les 20% restants. ()

Les analystes jugent désormais plus probable l‘exercice cette année de l‘option de vente dont dispose Vivendi tous les ans du 15 novembre au 10 décembre jusqu‘en 2016, pour un montant que certains d‘entre eux évaluent à environ trois milliards d‘euros.

Avec la contribution de Dominique Vidalon et de Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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