6 octobre 2009 / 15:20 / dans 8 ans

Les cyber-citoyens britanniques invités à jouer les Big Brothers

<p>Une cam&eacute;ra de surveillance dans le centre de Londres. Une soci&eacute;t&eacute; priv&eacute;e va proposer aux citoyens britanniques ayant un ordinateur chez eux de visionner en direct des images prises par des cam&eacute;ras de surveillance pour d&eacute;noncer les crimes et d&eacute;lits. /Photo d'archives/REUTERS/Mike Finn-Kelcey</p>

LONDRES (Reuters) - Une société privée va proposer aux citoyens britanniques ayant chez eux un ordinateur de visionner en direct des images prises par des caméras de surveillance pour dénoncer les crimes et délits.

Cette pratique, proposée par Internet Eyes (littéralement Les Yeux d‘internet) sur son site www.interneteyes.co.uk, est dénoncée à l‘avance comme “malsaine” et “attentatoire” par certains défenseurs des libertés individuelles dans le royaume.

Une récompense de 1.000 livres sterling sera versée chaque mois à la personne qui dénoncera le plus de crimes.

”Les gens ont des tendances voyeuristes“, explique Tony Morgan, directeur d‘Internet Eyes. ”Combien de téléspectateurs regardent tous les soirs l’émission ‘Big Brother’ et se couchent sans que rien ne se passe ?

“Notre initiative est utile et nécessaire, la criminalité augmente, les cambriolages se multiplient. Nous allons stopper de nombreux crimes”, affirme-t-il.

Concrètement, les commerces et magasins paieront un abonnement de 20 livres par mois pour que les images prises par leurs caméras de surveillance soient diffusées sur le site d‘Internet Eyes.

Ce site montrera en direct quatre caméras à tout moment, dont la localisation sera tenue secrète et qui changera toutes les dix minutes. Chaque fois qu‘un internaute remarquera un événement suspect, il pourra envoyer instantanément un SMS au commerçant impliqué pour l‘alerter.

Pour éviter les internautes trop zélés, les trois premiers SMS mensuels seront gratuits, ensuite il en coûtera une livre l‘envoi.

Cette formule va être testée fin novembre dans la région de Straford-upon-Avon, ville natale de Shakespeare située dans le centre de l‘Angleterre rurale. Internet Eyes dit être en négociation avec la police locale pour étudier comment l‘associer aux cyber-internautes dénonciateurs.

L‘Association des officiers de police (ACPO), qui représente la hiérarchie, a toutefois refusé de se prononcer sur cette initiative qui a provoqué un tollé chez au moins un groupe de défenseurs des droits de l‘homme.

“C‘est une conséquence détestable et inquiétante de la société de surveillance généralisée dans laquelle nous baignons aujourd‘hui”, s‘insurge Charles Farrier, porte-parole de l‘association “No CCTV” (Non à la télé-surveillance), qui fait un parallèle avec le roman prémonitoire “1984” de George Orwell.

Georgine Cooper, version française Jean-Loup Fiévet

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