26 septembre 2009 / 14:26 / il y a 8 ans

Docteur internet, la nouvelle technologie au service de la santé

par Elizabeth Pineau

CHAMONIX (Reuters) - Qu'il s'agisse de domotique, de surveillance voire de consultation à distance ou d'information médicale, internet et les nouvelles technologies ont fait irruption dans le domaine de la santé.

Selon la Haute Autorité de santé, un patient sur cinq en France cherche des informations médicales sur internet à travers des sites généralistes comme doctissimo.

Aux Etats-Unis, des consultations payantes existent déjà, sur le site americanwell.com par exemple - une idée à laquelle les Européens sont réticents.

"En France, on est très attaché à la relation personnelle avec un médecin qu'on connaît, qu'on peut toucher, et la froideur de l'informatique paraît inconciliable avec ça. Mais on est consommateur de sites généralistes", commente Roland Cayrol, de l'institut CSA, auteur d'un sondage européen réalisé à l'occasion d'une convention sur la santé qui se déroule jusqu'à samedi soir à Chamonix.

Résultat : de plus en plus de patients arrivent chez leur médecin avec une idée de diagnostic. De même, il est devenu courant d'aller sur la Toile avant de se faire opérer pour s'informer et choisir son hôpital ou son praticien.

"Il arrive que des patients aient vu mon nom sur internet, mais il y a encore beaucoup de bouche à oreille. Il faut faire attention à la dérive publicitaire", prévient une chirurgienne parisienne désireuse de garder l'anonymat.

"Le médecin est moins tout-puissant", remarque l'écrivain et académicien Erik Orsenna, présent à Chamonix. "Des gens qui se sentaient seuls vis-à-vis de l'information, parfois méprisés par les médecins, ne le sont plus."

La médaille a son revers.

"Il y a le risque qu'il y ait moins de rapports humains, et qu'on se retrouve avec des écrans comme avec des standards automatiques. On perd en solitude virtuelle mais on accroît la solitude humaine. Et puis, c'est la fin de la vie privée", prévient le romancier.

SURVEILLANCE À DOMICILE

Cet avis est partagé par nombre de professionnels.

"Parler avec le médecin, prendre un café, ça soigne plus qu'une tartine de médicaments. Il faut valoriser la consultation médicale, le temps passé avec le malade, surtout quand il n'y a pas de prescription", souligne Jacques Domergue, chirurgien et député de l'Hérault.

Outre le Net, les nouvelles technologies d'information et de communication (TIC) se mettent au service de personnes âgées, dépendantes ou souffrant de maladies chroniques comme le diabète, qui peuvent se faire surveiller à domicile.

Europ Assistance teste chaque été sur des personnes âgées d'une municipalité italienne des bracelets électroniques permettant un suivi 24 heures sur 24 de paramètres vitaux comme le pouls ou la pression artérielle.

Autre exemple: Orange a installé à domicile dans le Cantal des petits terminaux permettant de communiquer avec sa famille ou des associations, commander des repas, etc...

Des techniques au point qui demandent à être organisées pour pouvoir fonctionner à grande échelle, note Thierry Zylberberg, directeur de la division santé de France Télécom, propriétaire de la marque Orange.

"Le problème n'est pas technologique. Surveiller un diabétique insulino-dépendant, c'est trois chiffres par jour, un SMS à envoyer. Mais qui lit le message, qui le surveille, comment dire à la personne ce qu'elle doit faire ? Cette chaîne organisationnelle et économique doit être organisée".

"L'avantage de ce système, c'est la capacité de traitement à distance. Nous allons décloisonner l'hôpital", souligne Martin Vial, directeur général du groupe Europ Assistance.

Une idée qui interpelle Jean-Paul Segade, directeur du CHU de Marseille. "Et s'il était de l'intérêt de la santé de diminuer le nombre d'hôpitaux, le nombre de lits ? Les nouvelles technologies posent cette question", estime-t-il.

"La force d'un CHU, ce serait son plateau technique, sa masse critique, mais aussi sa capacité à avoir des liens optimaux avec les unités qui sont autour et pour lesquelles les TIC ont un rôle à jouer".

Edité par Véronique Tison

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