21 septembre 2009 / 17:41 / il y a 8 ans

La scène musicale divisée sur l'"Hadopi" britannique

<p>Alors que le projet de loi, en Grande-Bretagne comme en France, divise les vedettes de la sc&egrave;ne musicale locale, la Featured Artists Coalition, qui compte dans ses membres Robbie Williams (photo), estime que la proposition visant &agrave; lutter contre le t&eacute;l&eacute;chargement ill&eacute;gal, priverait les artistes d'un important moyen de promotion de leur musique. /Photo d'archives/Tomas Bravo</p>

LONDRES (Reuters) - Comme la loi dite Hadopi actuellement en discussion en France, en Grande-Bretagne la proposition visant à lutter contre le téléchargement illégal divise les vedettes de la scène musicale locale.

Le gouvernement a proposé de bloquer l'accès à internet des personnes qui téléchargent de la musique sur des sites de partage de fichiers, dits de peer-to-peer (P2P).

Il demanderait aux fournisseurs d'accès à internet de prendre eux-mêmes des mesures telles que la réduction du débit de connexion ou la suspension de l'abonnement.

La Featured Artists Coalition (FAC), dont sont membres Radiohead, Annie Lennox ou Robbie Williams entre autres, a estimé lundi que cette proposition priverait les artistes d'un important moyen de promotion de leur musique.

"En demandant au gouvernement le pouvoir global de suspension, l'industrie risque de couper un outil de promotion très utile aux artistes qui tentent de faire parler d'eux sans avoir le soutien financier des grands labels", dit la FAC.

La mise en oeuvre des sanctions constituerait en outre "une intrusion à grande échelle dans la vie privée", ajoute-t-elle dans un communiqué.

L'organisation souligne qu'elle ne cautionne pas le téléchargement illégal, auquel beaucoup d'artistes imputent une perte de leurs revenus en raison d'une baisse des ventes de disques, et qualifie les sites internet bénéficiaires de cette pratique de "voleurs" qui devraient être poursuivis.

Mais, ajoute-t-elle, la réponse au problème se trouve plutôt dans la rémunération des artistes et l'éducation du public à la nécessité de payer la musique.

La position de la FAC ne fait pas l'unanimité sur la scène britannique, où des voix divergentes se font entendre, dont celle de la chanteuse Lily Allen, soutenue par plusieurs autres artistes lorsqu'elle dénonce un communiqué qui "n'a aucun sens".

"La FAC semble considérer la proposition de loi du gouvernement comme une attaque contre la liberté, mais voler n'est pas vraiment un droit de l'homme, si ?", écrit Lily Allen sur son blog.

"La proposition est d'observer les sites de P2P - qui sont publics de toutes façons - pour identifier les personnes qui agissent illégalement, afin de leur demander ou de les forcer à arrêter. Ce n'est pas vraiment une atteinte aux libertés civiles", ajoute-t-elle.

Depuis quelques années, les artistes multiplient les concerts et les ventes de produits dérivés pour tenter de pallier la chute des ventes de disques.

Certains tentent d'utiliser internet comme un moyen de promotion original. Ainsi, le groupe Radiohead a proposé en 2008 aux internautes de télécharger son dernier album pour un prix fixé librement, donc gratuitement s'ils le voulaient.

Mais le compositeur Bjorn Ulvaeus, ancien membre d'Abba, a estimé récemment dans le Times que les concerts ne pouvaient être considérés comme une alternative valable à la baisse des ventes, au motif que les auteurs-compositeurs ne sont, souvent, pas les mêmes artistes qui interprètent les chansons sur scène.

Mike Collett-White, version française Grégory Blachier

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