September 17, 2009 / 1:00 PM / 8 years ago

La crise déclenchera un mouvement de consolidation dans les SSII

6 MINUTES DE LECTURE

<p>R&eacute;unis cette semaine &agrave; Paris lors d'un forum Small &amp; MidCaps organis&eacute; par Reuters, Fran&ccedil;ois Enaud, P-DG de Steria, Vincent Rouaix, P-DG de GFI Informatique, Bruno Benoliel, directeur financier d'Alten, et Pierre Pasquier, P-DG de Sopra (de gauche &agrave; droite et de haut en bas). Selon plusieurs patrons du secteur interrog&eacute;s par Reuters, les difficult&eacute;s provoqu&eacute;es par la crise chez certaines soci&eacute;t&eacute;s de services et d'ing&eacute;nierie informatiques (SSII) pourraient d&eacute;clencher &agrave; partir du d&eacute;but 2010 un mouvement de consolidation dans un secteur encore tr&egrave;s fragment&eacute;. /Photos prises les 16, 15 et 14 septembre 2009/John Schults et Charles Platiau</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les difficultés provoquées par la crise chez certaines SSII pourraient déclencher à partir du début 2010 un mouvement de consolidation d'un secteur encore très fragmenté, ont estimé plusieurs patrons du secteur lors d'un forum Small & MidCaps organisé par Reuters à Paris.

Après être restées concentrées sur la gestion de leurs coûts au plus fort de la crise fin 2008 et début 2009, les sociétés de services et d'ingénierie informatiques (SSII) s'intéressent de nouveau à la croissance externe, même si les prétentions encore élevées des cibles éventuelles sont de nature à freiner le mouvement, ont-ils observé.

"Il devrait se passer quelque chose entre maintenant et le milieu de l'année prochaine. Il devrait y avoir quelques décisions, mais je ne crois pas trop à la consolidation massive comme c'est le cas dans le monde industriel", a déclaré Pierre Pasquier, le P-DG de Sopra.

"Je pense qu'en sortie d'année, de façon relativement naturelle, des opportunités se présenteront", a-t-il ajouté, disant rechercher des cibles de 400 à 500 millions d'euros complétant les métiers du groupe de conseil et services informatiques.

"Si on le fait, je crois que cela devrait être suffisamment important pour que cela vaille le coup. Je ne vois pas vraiment d'utilité à faire de petites acquisitions", a-t-il dit.

Malgré la crise, les prétentions des cibles n'ont toutefois pas baissé, freinant tout mouvement de consolidation, ont cependant souligné plusieurs patrons de SSII.

"Quand vous avez un trop grand décalage entre les valeurs boursières affichées et les prétentions, c'est de nature à bloquer le marché", a observé Didier Lamouche, P-DG de Bull, spécialiste de systèmes d'informations sécurisés.

OFFENSIF OU DÉFENSIF

La crise oblige les acteurs du secteur à se mettre en mouvement en termes de croissance externe, en mode offensif ou défensif selon les cas, a observé François Enaud, P-DG de Steria.

"Il y aura des opportunités dans la mesure où certains acteurs ont des problématiques stratégiques qui ne sont pas résolues et que la crise rend un peu plus critiques", a-t-il expliqué.

Concentrée sur la réalisation de l'ensemble du potentiel de synergies et de croissance de l'acquisition du britannique Xansa en 2007, Steria n'étudiera pas d'opération transformante avant deux ou trois ans, a-t-il cependant indiqué.

"Le principal vecteur de la consolidation, ce sont les entreprises en difficulté, qui cherchent des solutions et sont prêtes à se vendre", a noté Didier Lamouche. "Pour les entreprises qui ne le sont pas, les valorisations très basses ne sont pas un facteur de consolidation. Au contraire, c'est un facteur de frein".

La perception par les chefs d'entreprises d'une sortie de crise sera déterminante pour mettre en marche le mouvement de consolidation, a ajouté Didier Lamouche, précisant qu'il était à nouveau contacté par des investisseurs en vue d'un rachat de Bull.

"On est revenu à une situation plus normale. Il y a eu une grande glaciation au quatrième trimestre 2008 et au premier trimestre 2009, les entreprises étaient concentrées sur les réductions de coûts", a-t-il observé.

Lui-même recommence à envisager des opérations de croissance externe, acquisitions ciblées ou rachats d'entreprises avec un chiffre d'affaires de plus de 100 millions d'euros.

Vincent Rouaix, P-DG de GFI Informatique, a lui aussi déclaré que le groupe de services informatiques souhaitait effectuer une acquisition de 100 à 300 millions d'euros afin d'atteindre une taille critique en France, fer de lance de sa stratégie de développement avec l'Espagne et le Portugal.

Dans la recherche et développement externalisée, la réduction du nombre de prestataires sélectionnés par les clients - parfois à quatre ou cinq - met en difficulté les plus petites sociétés, ce qui pourrait entraîner des rapprochements, a observé Bruno Benoliel, directeur financier d'Alten.

"Il y aura probablement une consolidation par le bas du marché, mais je ne vois pas de rapprochement entre les acteurs principaux aujourd'hui", a-t-il noté, soulignant avoir du mal à trouver des dossiers intéressants, que ce soit en France ou en Allemagne.

Edité par Jean-Michel Bélot

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