La presse en ligne face au pari du modèle payant

lundi 7 septembre 2009 18h31
 

par Georgina Prodhan

LONDRES (Reuters) - Le fait que Rupert Murdoch puisse éventuellement rendre payant l'accès à ses journaux en ligne à partir de 2010 suscite l'enthousiasme du secteur de la presse d'information qui y voit le fer de lance d'une révolution qui mettrait fin à la gratuité du contenu sur internet.

Jusqu'ici aucun géant du secteur ne voulait prendre le risque d'être le premier éditeur à se lancer dans un modèle payant, préférant miser sur les revenus publicitaires, de peur de perdre des lecteurs au profit des médias concurrents, restés gratuits.

Mais depuis le coup de tonnerre du patron de News Corp, le secteur se prend à rêver d'un possible accord entre éditeurs de presse destiné à faire payer leurs contenus, ce qui réduirait le risque d'érosion des lecteurs mais pourrait soulever des problèmes de concurrence.

Seulement, avant de voir en Rupert Murdoch le sauveur potentiel de la presse, il faut garder à l'esprit que le modèle économique de News Corp lui procure des avantages bien spécifiques que d'autres groupes ne pourront pas reproduire, préviennent des analystes.

News Corp peut par exemple inclure dans son pack d'abonnement à la télévision par satellite BSkyB un petit forfait permettant d'accéder à ses sites d'informations en ligne, offrant ainsi un contenu haut de gamme via un moyen de paiement déjà en place.

En comparaison, pour les éditeurs ne disposant pas d'un empire multimédia, vendre leur contenu sera plus difficile, surtout si le site est essentiellement un duplicata des informations publiées sur papier et agrémentées de quelques vidéos et dépêches d'agence.

"Je ne sais pas comment ils feront pour passer au modèle payant", a déclaré Malcolm Coles, un consultant sur internet qui a ouvert un blog sur le sujet à l'adresse www.malcolmcoles.co.uk/blog/charging-online-content/

Jusqu'à présent les rares titres à avoir trouvé la formule magique sont le Wall Street Journal, propriété de News Corp, et le Financial Times, détenu par Pearson, qui font payer les lecteurs pour du contenu économique spécialisé et professionnel. Thomson Reuters, pour sa part, facture certains de ses contenus sur le site reuters.com   Suite...