7 septembre 2009 / 15:50 / il y a 8 ans

Google défend sa bibliothèque numérique devant la Commission

<p>Google a d&eacute;fendu lundi &agrave; Bruxelles sa d&eacute;cision de num&eacute;riser et diffuser en ligne des millions de livres, d&eacute;clarant que ce projet permettrait de d&eacute;mocratiser l'acc&egrave;s &agrave; l'information sur internet. /Photo prise le 16 juillet 2009/Robert Galbraith</p>

par John O'Donnell et Foo Yun Chee

BRUXELLES (Reuters) - Google a défendu lundi à Bruxelles sa décision de numériser et diffuser en ligne des millions de livres, déclarant que ce projet permettrait de démocratiser l'accès à l'information sur internet.

Le groupe californien a conclu un accord avec les auteurs et éditeurs américains qui l'autorise à scanner des livres en vue de les mettre sur la Toile.

Ce compromis, dont les grandes lignes ont été définies en octobre 2008, prévoit le versement par Google de 125 millions de dollars (87 millions d'euros) pour rémunérer les auteurs.

L'accord doit cependant encore être validé par le département américain de la Justice et mobilise aujourd'hui l'opposition de plusieurs bibliothèques, qui craignent de se retrouver face à un service incontournable et onéreux, et des concurrents de Google, inquiets de le voir s'arroger une position dominante sur un marché potentiellement lucratif.

Une audience est fixée au 7 octobre devant un tribunal de Manhattan.

Lors d'une audience devant la Commission européenne, le responsable du projet, Dan Clancy, a défendu la possibilité donnée aux internautes de découvrir des livres épuisés.

"On peut trouver des informations dont on ignorait l'existence", a déclaré le directeur de Google Book Search. "Il est important que ces livres (épuisés) ne soient pas laissés à l'abandon. L'intérêt de Google est d'aider ces personnes à découvrir des livres."

James Gleick, un des auteurs qui avait commencé par porter plainte contre Google avant d'autoriser le groupe à scanner des vieux livres et à les diffuser sur le net, a également défendu ce point de vue devant la Commission.

"Cet accord ne concerne majoritairement que les livres épuisés", a-t-il dit. "Cela permet à des auteurs comme nous, dont les livres ne sont plus imprimés, d'élargir leur audience."

PARIS ÉMET DES RÉSERVES

D'autres sont plus sceptiques.

L'ICOMP, un groupe de pression soutenu par le géant des logiciels - et grand rival de Google - Microsoft, estime que la grande bibliothèque numérique de Google et ses dix millions de livres aboutiraient à une concentration excessive des pouvoirs au bénéfice du moteur de recherche. David Wood, un avocat de l'ICOMP, a déclaré que Google pourrait ainsi se forger un "monopole durable" sur l'offre de livres numériques.

Des pays comme l'Allemagne ou la France ont émis des réserves. Ils sont notamment préoccupés par les risques d'atteinte au droit d'auteur et s'interrogent sur le sort des oeuvres orphelines européennes, dont Google pourrait monopoliser la numérisation. Paris compte faire part de ses réserves cette semaine auprès de la justice américaine .

Ce dossier s'ajoute à celui de la Bibliothèque nationale de France (BNF), laquelle a finalement décidé de négocier avec le géant américain pour numériser ses ouvrages, ce qui provoque une polémique. Le ministère français de la Culture a promis de prendre une décision rapide sur le sujet.

Au-delà du cas Google, c'est l'ensemble de processus de numérisation et de diffusion des livres sur internet qui fait aujourd'hui débat au sein de l'UE.

Viviane Reding et Charlie McCreevy, commissaires européens aux Télécommunications et au Marché intérieur respectivement, ont juré de revoir en profondeur les lois sur le droit d'auteur.

Cela pourrait permettre à l'Europe de suivre plus facilement la voie tracée par les Etats-Unis dans la diffusion de livres sur la Toile.

L'Union européenne a lancé son propre registre, Europeana, qui comprend des livres et une vaste gamme d'images, de William Shakespeare à Brigitte Bardot.

Mais la majorité des pays européens met beaucoup de temps à alimenter cette base de données continentale. Viviane Reding juge que des sociétés comme Google pourraient accélérer ce processus.

Version française Jean-Stéphane Brosse

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