Une fois redressé, Alcatel pourrait devenir une cible

mercredi 2 septembre 2009 20h18
 

Par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Une fois redressé, Alcatel-Lucent pourrait faire figure de cible dans un secteur qui doit se consolider, mais des experts privilégient un scénario occidental, en dépit de la rumeur de reprise par un concurrent chinois qui a fait flamber le titre jeudi dernier.

Une alliance du groupe franco-américain avec Nokia-Siemens Networks, Ericsson ou même Cisco Systems paraît plus plausible qu'un rapprochement avec les groupes chinois Huawei ou ZTE, très improbable sur le plan politique, mais Alcatel doit redresser sa performance opérationnelle et venir à bout de ses restructurations avant d'intéresser un acquéreur.

A moyen terme, les experts estiment que la chute des ventes ainsi que des pressions accrues sur les prix devraient accélérer la concentration dans l'industrie des équipements télécoms, qui compte aujourd'hui cinq grands acteurs dans le monde, alors que "il y a de la place pour trois", a indiqué à Reuters Rajeev Suri, le nouveau directeur général de Nokia-Siemens.

"Il est encore prématuré de parler d'Alcatel comme de la possible cible d'un rachat", mais un prédateur pourrait être tenté de sauter le pas avant que l'assainissement des comptes ne se traduise pleinement dans le prix de l'entreprise, résume un banquier à Londres, tandis que Sébastien Sztabowicz, analyste chez Kepler, estime que "le groupe a probablement atteint le point bas en 2009 en terme de rentabilité".

LA RUMEUR CHINOISE

La rumeur d'une reprise par un concurrent chinois, elle, risque d'avoir la vie courte. L'Etat français, qui détient 2,07% du capital d'Alcatel à travers le Fonds stratégique d'investissement (FSI), regarderait probablement l'opération d'un mauvais oeil en raison des conséquences potentielles sur l'emploi, disent les syndicats. Mais c'est surtout du côté du gouvernement américain, qui a signé des contrats notamment militaires avec l'ex-Lucent, qu'un blocage est à attendre.

"La tentative ratée de Huawei, qui avait voulu racheter 3com, est une bonne leçon en la matière", observe Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas.

Huawei n'a pas l'intention d'entrer au capital d'Alcatel et ZTE n'a pas entendu parler d'une prise de participation, selon les porte-parole respectifs des deux groupes chinois.   Suite...

 
<p>Une fois redress&eacute;, Alcatel-Lucent pourrait faire figure de cible dans un secteur qui doit se consolider, mais des experts privil&eacute;gient un sc&eacute;nario occidental, en d&eacute;pit de la rumeur de reprise par un concurrent chinois qui a fait flamber le titre jeudi dernier. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>