Les réseaux communautaires en ligne, danger pour votre carrière

jeudi 6 août 2009 23h45
 

NEW YORK (Reuters) - Les gens soucieux de leur carrière doivent utiliser avec beaucoup de précaution les plateformes communautaires sur internet en temps de récession, estiment des conseillers spécialisés dans les ressources humaines.

A l'heure où les employeurs peuvent se permettre de faire la fine bouche, Facebook, Twitter, YouTube, les blogs et autres pages personnelles sont autant de chausse-trappes en vue d'une embauche ou d'une promotion.

"Dans les médias communautaires, vous pouvez paraître insipide, ennuyeux et énervant à une fréquence alarmante", prévient dans une lettre à ses clients Patricia Vaccarino, gérante d'une société de Seattle spécialisée dans les relations publiques.

Selon elle, nombreux sont ses contacts Facebook qui évoquent "avec force détails leurs coloscopies, leurs dents arrachées, leurs chiens décédés, leurs flatulences, leur acné, leurs déceptions sentimentales, leurs problèmes de santé mentale ou d'alcool".

Recruteur pour Kensington Stone à Los Angeles, Kurt Weyerhauser évoque le cas d'une DRH qui "a trouvé sur internet la photo d'un candidat fumant ce qui semblait être un joint" ou d'un employeur découvrant "des blagues de très mauvais goût à connotation raciste ou misogyne publiées en ligne par un candidat".

Ce genre de gaffes peut coûter une embauche, juge-t-il, indépendamment des qualités professionnelles du demandeur d'emploi.

Même des informations très anodines peuvent s'avérer gênantes.

Kurt Weyerhauser cite l'exemple d'une mère célibataire élevant quatre enfants et publiant sur un blog le récit de son quotidien. Dans ce cas, son employeur pourrait en conclure qu'elle est trop fatiguée et submergée de travail pour assumer un autre poste qui lui demanderait un surcroît d'investissement personnel.

Le recruteur invite les demandeurs d'emplois à pousser le souci du détail jusque dans le choix de leur adresse électronique.

"Rien ne donne plus à réfléchir que de recevoir un CV d'une adresse comme 'pierrelegrosgaffeur@xxxxxx.com'", conclut-il.

David Gregorio, version française Jean Décotte