July 30, 2009 / 1:16 PM / 8 years ago

Pour Microsoft et Yahoo, le plus dur reste à faire

6 MINUTES DE LECTURE

<p>L'ACCORD MICROSOFT-YAHOO</p>

par Alexei Oreskovic

SAN FRANCISCO (Reuters) - Il aura fallu plusieurs années à Microsoft et Yahoo pour parvenir à conclure une alliance sur le marché stratégique de la recherche sur internet. L'accord est désormais signé mais le plus dur reste à faire.

Si le partenariat annoncé mercredi a pour objectif de contrer la suprématie de Google, certains dirigeants de Yahoo et Microsoft reconnaissent que de longs mois seront encore nécessaires pour le finaliser. Et les deux groupes devront marier des technologies, des cultures et des priorités différentes.

Sur le plan technologique, intégrer deux moteurs de recherche distincts est par nature un processus épineux, qui demande de fusionner des fichiers de données énormes et souvent incompatibles, commente Carl Howe, analyste chez Yankee.

"L'une des manières simples de procéder aurait consisté de dire: 'Nous laissons tomber le moteur de recherche de Yahoo et continuons avec Bing (celui de Microsoft)'", explique-t-il. "Il est facile d'annoncer une fusion, mais la finaliser prend des années."

Selon les termes de cet accord signé pour 10 ans, Bing, le nouveau moteur de recherche de Microsoft, assurera la recherche sur les sites de Yahoo tandis que le géant du logiciel intégrera certaines fonctionnalités de la technologie de Yahoo dans Bing. AdCenter, la plate-forme de gestion de liens sponsorisés de Microsoft, remplacera également celle de Yahoo, dénommée Panama.

Ensemble, les deux entreprises contrôleront quelque 30% du marché américain de la recherche sur internet, ce qui rend leurs audiences cumulées plus attractives pour les annonceurs.

"Les pièces sont toutes là. Microsoft possède un grand outil qu'il a déjà développé. Yahoo a une énorme audience", explique Bob Davis, ancien président du moteur de recherche Lycos.

Mais l'intégration sera un processus très long et risque de perturber dans l'intervalle l'ensemble des activités des deux alliés.

Yahoo et Microsoft, qui espèrent obtenir début 2010 le feu vert des autorités de régulation, ont estimé que la concrétisation de ce partenariat pourrait demander ensuite jusqu'à deux ans.

DÉMÉNAGEMENT ?

De nombreux ingénieurs de Yahoo vont devoir travailler pour Microsoft, dont le siège est situé à Redmond, dans l'Etat de Washington, bien loin de celui de la société californienne. Un représentant de Microsoft n'a pas précisé où seraient basées les équipes dédiées à la recherche, mais il a reconnu qu'elles étaient géographiquement éparpillées, notamment dans la Silicon Valley.

Cet accord "rapproche (les deux sociétés) mais d'une manière compliquée, sans certitude sur l'avenir et avec un contrôle limité", observe Ryan Jacom, directeur des investissements chez Jacob Asset Management, qui détient des actions Yahoo.

"J'étais de ceux qui pensaient que Microsoft aurait tout simplement dû les racheter. En tant qu'actionnaire de Yahoo, cela aurait été la meilleure solution. Du point de vue de Microsoft, qu'adviendra-t-il si Yahoo décide d'aller voir ailleurs?", s'interroge-t-il.

Microsoft avait tenté en vain l'an dernier de racheter Yahoo pour 47,5 milliards de dollars.

Au moment du lancement de la nouvelle technologie, tout contretemps ou pépin technique susceptible d'affecter les résultats des recherches ou les espaces publicitaires pourrait être mal perçu par les annonceurs.

Yahoo estime que cet accord permettra d'économiser 200 millions de dollars d'investissement et d'accroître son bénéfice d'exploitation annuel de quelque 500 millions de dollars, des perspectives qui pourraient s'avérer cruciales pour le groupe, dont la croissance stagne et dont la marge s'est dégradée.

Les bénéfices en matière d'innovation sont moins clairs, souligne N. Venkat Venktatraman, de l'université de Boston.

"Les deux groupes ne doivent pas perdre de vue d'éventuelles innovations de Google, auxquelles séparément ces deux sociétés ne savent pas répondre et qu'elles sont peut-être mal préparées à affronter ensemble", note-t-il.

La P-DG de Yahoo, Carol Bartz, a expliqué que Yahoo pourrait se concentrer sur ses sites web, ses activités publicitaires et la téléphonie mobile. Mais le développement de tels produits doit prendre en compte les données issues des requêtes de recherche, qui permettent de mieux connaître les utilisateurs.

Carol Bartz et le directeur général de Microsoft Steve Ballmer ont reconnu que le partage de telles données entre les deux groupes était la partie la plus complexe des négociations, sans donner davantage de détails.

Version française Catherine Mallebay-Vacqueur

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