1 juillet 2009 / 06:17 / il y a 8 ans

Pékin renonce au filtre internet sur les nouveaux PC

<p>La d&eacute;cision de la Chine de renoncer pour l'heure &agrave; obliger les fabricants d'ordinateurs &agrave; pr&eacute;installer un filtre internet sur tout nouveau PC a &eacute;t&eacute; salu&eacute;e mercredi par les industriels du secteur et les d&eacute;fenseurs des droits de l'homme. P&eacute;kin a report&eacute; sine die l'application de cette d&eacute;cision, qui devait entrer en vigueur ce mercredi et avait &eacute;t&eacute; d&eacute;nonc&eacute;e par les internautes chinois, les fabricants de PC, les organisations de d&eacute;fense des droits de l'homme et plusieurs pays. /Photo d'archives/REUTERS/David Gray</p>

par Chris Buckley

PEKIN (Reuters) - La décision de la Chine de renoncer pour l‘heure à obliger les fabricants d‘ordinateurs à préinstaller le filtre internet “barrage vert” sur tout nouveau PC a été saluée mercredi par les industriels du secteur et les défenseurs des droits de l‘homme.

Pékin a reporté sine die mardi soir l‘application de cette décision, qui devait entrer en vigueur ce mercredi.

L‘agence Chine nouvelle a rapporté que le ministère de l‘Industrie et des Technologies de l‘information allait “différer l‘installation obligatoire du logiciel filtrant controversé (...) sur les nouveaux ordinateurs”.

Les autorités chinoises avaient justifié l‘obligation de vendre tout nouvel ordinateur équipé de ce logiciel, baptisé “barrage vert” (Green Dam Youth Escort), par la nécessité de protéger les mineurs des images violentes ou pornographiques.

Mais la mise en place du logiciel avait été dénoncée par des adversaires de la censure, des internautes, des organisations de défense des droits de l‘homme et les Etats-Unis, qui la jugeaient politiquement arbitraire, techniquement inefficace et commercialement déloyale. Les fabricants de PC ont plutôt évité de se prononcer catégoriquement sur la question.

“Cela montre qu‘on ne peut pas ignorer les pressions sociales”, a estimé Zhou Ze, juriste pékinois qui a contesté la légalité du projet gouvernemental. “Ils ont tenté d‘amener l‘opinion publique à soutenir le projet en faisant du tintouin au sujet de la pornographie, mais cela n‘a pas marché et ils sauront qu‘il leur faudra être plus prudents la prochaine fois.”

La décision de mardi est la dernier épisode d‘une épreuve de force entre le Parti communiste - qui redoute de voir internet devenir un véhicule de dissidence politique ou de valeurs discutables - et les acteurs sociaux et commerciaux qui militent pour la Toile en tant que moyen d‘expression sans entrave.

PRESSIONS AMÉRICAINES

Le moteur de recherche Google a aussi été l‘objet récemment d‘une controverse liée à la censure, question qui touche à des enjeux importants pour la société civile et les entreprises.

La Chine compte environ 300 millions d‘internautes. Quelque 42,6 millions d‘ordinateurs personnels seront vendus cette année dans le pays, selon des statistiques du cabinet Gartner.

La plus importante marque de PC du pays est le chinois Lenovo, mais des groupes internationaux tels que HP, Dell et Acer ont réalisé des percées impressionnantes sur le marché national ces dernières années.

Les détracteurs du logiciel “barrage vert”, vendu par le groupe Jinhui Computer System Engineering, le jugent peu fiable techniquement et susceptible d’être utilisé pour espionner des internautes ou bloquer des sites dérangeants pour les autorités.

Mercredi, des enthousiastes du Net se sont réunis dans un centre culturel des environs de Pékin pour fêter le revirement de dernière minute des autorités et réclamer la liberté d‘expression dans un pays soumis au régime du parti unique.

“(Le projet) n‘a pas été annulé, seulement repoussé. Il est donc possible qu‘il soit relancé au bout d‘un certain temps”, notait Liu Xiaoyuan, l‘un des participants.

Dans un communiqué diffusé sur son site internet (www.miit.gov.cn), le ministère de l‘Industrie et des Technologies de l‘information rejette les accusations selon lesquelles le projet de logiciel filtrant porte atteinte à la liberté d‘expression et aux règles du commerce international, ou encore qu‘il été choisi sans procédure d‘appels d‘offre régulière.

Mais pour Ed Black, président de l‘association de l‘industrie de l‘informatique et de la communication (CCIA), groupe de pression basé à Washington, le recul des dirigeants chinois indique nettement que le gouvernement américain a encore de l‘ascendant à Pékin.

“Cela montre que lorsque les responsables américains du commerce s‘impliquent, ils obtiennent des résultats”, estime-t-il dans un communiqué diffusé par courriel.

“La censure sur internet est un problème largement répandu et les entreprises ont été trop longtemps livrées à elles-mêmes pour négocier avec d‘autres pays”, ajoute-t-il.

Version française Jean-Stéphane Brosse, Pascal Liétout et Philippe Bas-Rabérin

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