June 5, 2009 / 4:16 PM / 8 years ago

Gaumont estime qu'internet menace les "nouvelles vies" des films

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Pour Nicolas Seydoux, pr&eacute;sident du conseil de surveillance de Gaumont, Internet menace les "nouvelles vies" des films apr&egrave;s leur sortie en salles alors m&ecirc;me que le cin&eacute;ma, divertissement bon march&eacute;, parvient &agrave; tirer son &eacute;pingle du jeu en p&eacute;riode de crise. /Photo prise le 5 juin 2009/Jacky Naegelen</p>

par Cyril Altmeyer et Michel Rose

PARIS (Reuters) - Internet menace les "nouvelles vies" des films après leur sortie en salles alors même que le cinéma, divertissement bon marché, parvient à tirer son épingle du jeu en période de crise, déclare Nicolas Seydoux, le président du conseil de surveillance de Gaumont.

"Le film a une succession de vies et c'est grâce à cela que nous continuons, nous les Français, les Indiens, les Américains, à faire des films", a-t-il expliqué lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Les nouvelles vies, ce sont elles qui sont menacées", a-t-il ajouté en évoquant la "chronologie des médias" - sortie du film en salles, puis en DVD et en vidéo à la demande (VOD), sur les chaînes de télévision payantes et enfin sur les chaînes hertziennes - que le gouvernement envisagerait de raccourcir.

"Si on avait trouvé un accord avec les fournisseurs d'accès à internet, on n'aurait pas eu à nous battre pour la loi Hadopi", a également observé Nicolas Seydoux.

Président de l'Association de lutte contre le piratage audiovisuel (Alpa), il a défendu le projet de loi de lutte contre le téléchargement illégal instaurant une "riposte graduée" pouvant aller jusqu'à la suspension de l'abonnement et adopté par le parlement le 13 mai après d'âpres débats.

"OSS 117", LA PÉPITE 2009 DE GAUMONT

Gaumont a réalisé un chiffre d'affaires de 105 millions d'euros en 2008, dont plus de la moitié tiré des ventes de droits aux chaînes de télévision française.

Le groupe a en outre conclu l'année dernière un accord d'exclusivité pour la diffusion de films sur Orange cinéma séries, le bouquet lancé par Orange en novembre.

Le deuxième opus d'"OSS 117", qui a engrangé plus de deux millions d'entrées depuis sa sortie en avril, figure parmi les neuf films produits ou coproduits par Gaumont programmés pour 2009 et 2010.

Seul groupe français de cinéma coté en Bourse avec EuropaCorp, la société de Luc Besson, Gaumont distille les informations financières avec parcimonie, évitant toute prévision de chiffre d'affaires et maintenant le secret sur la valorisation de son impressionnant catalogue de 800 films.

La baisse de 23% du titre en 2008 puis de 16% depuis le début de l'année, ramenant la capitalisation du groupe à 160 millions d'euros - contre 130 millions pour EuropaCorp -, n'incite pas pour autant Nicolas Seydoux à envisager un retrait de la cote, même s'il dit "se poser régulièrement la question".

"Etre coté en Bourse, c'est une obligation de s'imposer à soi-même des règles comptables et de transparence. Vous avez sans arrêt quelqu'un qui peut vous dire: 'attention le roi est nu'", a-t-il observé.

Analyste financier chez Morgan Stanley au début de sa carrière professionnelle, Nicolas Seydoux, 69 ans, a été P-DG de Gaumont de 1975 à 2004 avant de céder la direction opérationnelle du groupe à Sidonie Dumas.

Le "Pari" Du Cinema Allemand

Il détient 59% du capital de Gaumont, dont le flottant est de 15% et qui compte à son tour de table la société d'investissement américaine Arnhold and S. Bleichroeder Advisers (10,9% du capital), La Financière du Loch contrôlée par Vincent Bolloré (9,6%) et le groupe industriel Marcel Dassault (5,45%).

Nicolas Seydoux et son frère Jérôme, à la tête de Pathé, ont réuni en 2001 leurs activités d'exploitation de salles sous le nom d'EuroPalaces, dont Gaumont détient 34% et Pathé le solde et qui est numéro un en France, en Belgique et aux Pays-Bas.

Le patron de Gaumont, qui voit d'un bon oeil la renaissance des cinémas britannique, espagnol et italien, s'est montré particulièrement optimiste pour le cinéma allemand.

"Si je devais faire un pari, s'il y a un pays qui à mon avis devrait être le plus présent dans les 25 ans qui viennent, c'est le cinéma allemand", a-t-il observé, avançant la puissance économique et démographique du pays.

Après son apogée dans les années 1930, le cinéma allemand fut dévasté par le nazisme, qui contraignit bon nombre de ses cinéastes à fuir le pays, avant de renaître timidement de ses cendres depuis les années 1990 avec des succès comme "Good Bye Lenin" et "La Vie des Autres".

Edité par Benjamin Mallet

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