En Afrique, l'argent circule de plus en plus par SMS

lundi 1 juin 2009 10h09
 

par Helen Nyambura-Mwaura, avec Ed Cropley à Johannesburg

NAIROBI (Reuters) - Le téléphone portable de Mary Wanjiku n'est pas qu'un moyen de communication. Pour cette Kényane de 28 ans, c'est aussi et surtout un outil sûr et bon marché pour transférer facilement de l'argent à sa mère. Comme pour des millions d'Africains et de Japonais avant eux.

"Avant, j'aurais été contrainte de me déplacer pour lui donner de l'argent. M-PESA a révolutionné ma vie", dit-elle devant un magasin de Nairobi qui commercialise ce service.

M-PESA, en swahili, signifie "argent mobile". Filiale de Safaricom, le principal opérateur de téléphonie mobile du Kenya, ce réseau de transfert de fonds à distance pallie l'insuffisance des structures bancaires classiques en Afrique, où une personne seulement sur cinq dispose d'un compte en banque.

Le principe est simple: un utilisateur donne à un agent certifié la somme qu'il souhaite transférer à une tierce personne. Cette dernière est prévenue par SMS. Elle se rend auprès d'un agent certifié ou attend son passage pour récupérer l'argent.

M-PESA emploie 9.000 agents qui s'occupent en bout de chaîne de la manipulation physique des billets de banque.

D'autres applications se sont développées, pour payer un taxi ou régler une facture. Du coup, il est possible de passer une journée à Nairobi sans avoir d'argent sur soi.

Plusieurs compagnies de plantation de thé ou de café l'utilisent pour verser les salaires de leurs employés; des ONG y ont recours, comme la Croix-Rouge lors des violences post-électorales de 2007.

UN KÉNYAN SUR SIX   Suite...

 
<p>Pour des millions d'Africains, le t&eacute;l&eacute;phone portable n'est pas qu'un moyen de communication. Il est aussi et surtout un outil s&ucirc;r et bon march&eacute; pour transf&eacute;rer facilement de l'argent. /Photo d'archives/REUTERS/Ferran Paredes</p>