26 mai 2009 / 21:29 / dans 8 ans

Les opérateurs télécoms en quête de marges stables

<p>La r&eacute;cession s&eacute;v&egrave;re qui s&eacute;vit en Europe a rendu encore plus aigu&euml;s les difficult&eacute;s du march&eacute; de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile, d&eacute;j&agrave; satur&eacute; et tr&egrave;s concurrentiel, ce qui va obliger les op&eacute;rateurs &agrave; se rapprocher et &agrave; r&eacute;duire encore leurs co&ucirc;ts. /Photo d'archives/REUTERS/Albert Gea</p>

par Kate Holton et Nicola Leske

PARIS (Reuters) - La récession sévère qui sévit en Europe a rendu encore plus aiguës les difficultés du marché de la téléphonie mobile, déjà saturé et très concurrentiel, ce qui va obliger les opérateurs à se rapprocher et à réduire encore leurs coûts.

“En Europe, tous les gamins de cinq ans ont un téléphone”, a déclaré un dirigeant d‘un groupe de télécoms, sous réserve d‘anonymat.

“Les marges n‘ont pas cessé de baisser dans toute l‘Europe (...) En Grande-Bretagne et en Espagne, elles se rapprochent rapidement de zéro et en Allemagne la croissance est presque nulle. La République tchèque et la Macédoine sont en légère hausse”, a-t-il ajouté.

Vodafone, premier opérateur de téléphonie mobile mondial en termes de chiffre d‘affaires, a vu ses marges fondre à environ 22%, contre 33% il y a trois ans. La filiale anglaise T-Mobile UK de Deutsche Telekom a également du faire face à un effondrement de ses marges, passant de plus de 40% à 15% sur la même période.

Jusqu‘ici les opérateurs se sont adaptés en se développant sur les marchés émergents, qui devraient être les moteurs de la croissance du secteur, le chiffre d‘affaires mondial de la téléphonie mobile étant estimé à 855 milliards de dollars en 2012 contre 700 milliards de dollars en 2008, selon le cabinet d’études IDC.

Ils ont également commencé à proposer des forfaits “données” qui encouragent les clients à dépenser plus en leur permettant de surfer sur Internet, écouter de la musique et partager des photos avec des amis.

“Cela signifie que la hausse du chiffre d‘affaires des opérateurs de téléphonie mobile en Europe dépend de plus en plus de la façon dont les opérateurs peuvent encourager l‘utilisation supplémentaire des services existants et promouvoir la consommation des nouveaux services”, écrit IDC sans une étude sur le marché de la téléphonie mobile en Europe.

“Jusqu‘ici leur succès dans les deux domaines a été constant mais pas spectaculaire.”

Dans des circonstances normales, ces mesures auraient été suffisantes pour maintenir les marges, mais avec l‘impact de la récession mondiale et la mise en vigueur de la réglementation pour baisser les tarifs des téléphones portables, les opérateurs devront faire plus.

“Même sans la crise du crédit, tous les indicateurs montraient que l‘industrie arrivait à saturation”, a dit à Reuters Michael Kovacocy, analyste chez Daiwa.

“Nous arrivons à une érosion des revenus induite par l‘arrivée à maturité de l‘industrie, la concurrence et la réglementation défavorable, et ça ne va pas s‘arranger tout seul lorsque l’économie repartira”, a-t-il ajouté.

TROIS RÉPONSES

“Nous pouvons faire trois choses pour notre industrie, réduire les coûts, consolider le secteur et partager nos réseaux”, a déclaré le dirigeant d‘un groupe de télécoms déjà cité , expliquant que la réduction des coûts pourrait porter sur des externalisations d‘un certain nombres d‘activités allant des centres d‘appel au développement informatique.

“Mais lorsque vous externalisez le développement informatique, vous taillez vraiment dans le coeur de votre activité et vous perdez le contrôle de votre innovation”, a-t-il ajouté.

Le partage des réseaux a déjà commencé : en mars, Vodafone et Telefonica ont signé un accord de partage d‘infrastructures de réseau dans quatre pays européens pour répondre à la demande de haut débit mobile, tout en économisant des centaines de millions d‘euros.

Vodafone, qui a des accords dans d‘autres pays, a annoncé qu‘il économiserait jusqu’à 10% de ses coûts grâce aux accords de partage passif.

La consolidation est un problème plus délicat. Analystes et dirigeants s‘entendent pour dire que la consolidation en Europe est nécessaire mais qu‘il est difficile de dire quand elle commencera.

Le directeur financier de France Télécom, Gervais Pellissier, a déclaré lors du Sommet TMT organisé par Reuters la semaine dernière que l‘environnement était difficile car les marchés financiers manquaient de stabilité pour lever des fonds.

Il a en outre déclaré qu‘il avait noté des signes d‘une montée du protectionnisme.

Plutôt que d‘opter pour le rachat d‘un concurrent, les groupes pourraient pencher pour une consolidation qui associerait deux activités, ce qui élimine le besoin de liquidités ou de prime et réduirait les coûts en arrêtant un des réseaux, fermant les boutiques superflues et en supprimant des emplois.

“Il faudrait vraiment que l‘activité soit mal en point pour que les entreprises en arrivent à cela”, a déclaré le dirigeant de télécoms.

Version française Marie-Laure Combes, édité par Benoit Van Overstraeten

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