Les patrons des sociétés de haute technologie restent prudents

vendredi 22 mai 2009 23h17
 

par Kelvin Soh et Georgina Prodhan

TAIPEI/PARIS (Reuters) - L'espoir de reprise fait monter en flèche les cours de Bourse des groupes de haute technologie, mais leurs patrons restent prudemment optimistes tant qu'ils ne voient pas de signes de reprise de la demande grand public, dont l'Asie devrait pouvoir profiter au premier chef.

La plupart des patrons de groupe qui sont intervenus lors du sommet TMT (Télécoms, médias et technologie) organisé cette semaine par Reuters à Paris, New York et en Asie ont dressé un tableau sombre du climat économique, et peu d'entre eux discernent une reprise possible dans les mois à venir, malgré un restockage qui a relancé la production de puces et d'autres composants.

Les patrons présents aux réunions de New York et Paris étaient plus moroses que leurs homologues réunis à Tokyo. Nombre de ces derniers ont annoncé une hausse des commandes comme conséquence des mesures de relance chinoises ainsi que des résultats en progression continue dans plusieurs pays asiatiques.

"Cela dépend si vous parlez du monde réel ou du monde dans la tête des gens", a dit Martin Sorrell, directeur général du numéro un mondial de la publicité WPP, qui s'exprimait en vidéoconférence depuis Londres.

"Je pense que psychologiquement l'état d'esprit s'est amélioré, mais ce n'est pas le monde réel."

L'index mondial MSCI des valeurs des technologies de l'information a pris plus de 37% depuis son plus bas de mars dernier, alors que les investisseurs parient sur une prochaine émergence du secteur.

Mais cette remontée semble quelque peu détachée de la réalité, alors que les consommateurs américains ont limité avec la crise leurs dépenses, qui pèsent environ 23% du PIB mondial, selon des données Thomson Reuters.

Certains responsables de sociétés voient des signes de stabilisation de la consommation américaine. Mais beaucoup d'entre eux estiment que l'amélioration des commandes pourrait être en partie attribuée à une reconstitution des stocks plutôt qu'à une vraie croissance de la demande finale.   Suite...