20 mai 2009 / 15:45 / il y a 8 ans

La crise favorise l'innovation et l'outsourcing, selon Logica

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Logica estime que la crise ne nuit pas forcément à l'innovation technologique et qu'elle dope toujours la demande pour l'externalisation de services, déclare le directeur de l'innovation de la SSII anglo-néerlandaise lors d'un sommet TMT (Télécoms, médias, technologie) organisé par Reuters à Paris.

"Certaines entreprises se demandent comment tirer parti de cette opportunité pour externaliser un plus grand nombre d'activités, nous observons bien plus d'opportunités dans notre pipeline basé sur les services d'outsourcing", a indiqué GBS Bindra.

Logica, né en 1969 en Grande-Bretagne, emploie aujourd'hui plus de 40.000 personnes dans le monde. Le groupe réalise le tiers de son chiffre d'affaires dans des tâches qui lui sont déléguées par des entreprises désireuses de réduire leurs coûts opérationnels, par exemple dans les ressources humaines ou l'informatique. Cette activité est appelée à peser davantage encore dans le chiffre d'affaires du groupe.

"Les services d'outsourcing permettent de traverser ce type de tempête car ce sont des contrats à long terme", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'externalisation ne rimait pas systématiquement avec délocalisation, surtout en Europe.

"Cette stratégie a peut-être très bien fonctionné pour le marché américain, où l'externalisation a déplacé plusieurs centaines de milliers d'emplois en Inde, les Américains n'ont jusqu'ici pas particulièrement cherché à ce que les entreprises qui s'occupent de leurs clients soient géographiquement proches d'eux."

"L'Europe est un marché très différent. En Suède, nous sommes très suédois, en Finlande très finlandais et en France, très français", a souligné GBS Bindra, diplômé en électronique de l'université indienne du Pendjab.

Pour incarner sa dimension paneuropéenne, le groupe a regroupé l'an dernier sous le seul nom Logica ses différentes marques: Unilog en France, WM-data dans les pays scandinaves - toutes deux acquises en 2006 - et CMG aux Pays-Bas, avec qui Logica a fusionné en 2002.

Contrairement à plusieurs de ses concurrents, très présents sur le marché américain, la SSII anglo-néerlandaise réalise 95% de son activité en Europe. Logica compte malgré tout accroître ses effectifs sur ses sites "offshore", notamment en Inde, aux Philippines et au Maroc, où travaillent actuellement 9.000 personnes environ, autant qu'en France.

POTS D'ECHAPPEMENT ET CONTENEURS INTELLIGENTS

Si le chiffre d'affaires de Logica dans l'"outsourcing" a augmenté de 9% au premier trimestre, la SSII observe toujours une légère contraction de l'activité dans les services professionnels et le conseil, notamment auprès de clients des secteurs financier, du transport et de la distribution."

Malgré tout, le groupe compte réaliser sur l'année une marge opérationnelle au moins en ligne avec celle de 2008.

"Les meilleurs innovations ont lieu dans ce genre de période", affirme GBS Bindra. "La pression qui s'exerce en ce moment sur les sociétés pour qu'elles fassent quelque chose de nouveau est à son comble (...) la question du rapport entre le résultat obtenu et l'argent dépensé se pose avec une acuité bien plus grande qu'en période normale."

Pour préserver leurs ressources financières face au ralentissement de l'activité, nombre de clients réduisent leurs budgets, mais pas tous. "Certains savent qu'ils ont ici l'occasion de faire ce qu'ils ont toujours voulu faire, mais sans y parvenir de peur des réactions du marché à court terme", ajoute-t-il. "Cette fois, le marché leur donne une certaine liberté."

GBS Bindra cite deux exemples de pilotes sur lesquels mise Logica: un système avancé de GPS pour les conteneurs de marchandises, afin d'améliorer le suivi du trafic et réduire les coûts en cas de retard ou de perte; et un pot d'échappement intelligent, qui recueille des données sur les émissions de votre voiture et les transmet à la station service quand vous vous arrêtez faire le plein.

Avec ce système, le prix du carburant proposé à la pompe est fonction de la consommation et de l'entretien du véhicule. Si les émissions sont jugées raisonnables, le prix du litre baisse, mais si vous avez opté pour une conduite sportive, le plein vous coûtera plus cher.

Avec la contribution de Paul Sandle, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below