20 mai 2009 / 13:20 / il y a 8 ans

Le marché français reste très résistant, juge France Télécom

<p>Selon le directeur financier de France T&eacute;l&eacute;com Gervais Pellissier, le march&eacute; fran&ccedil;ais des t&eacute;l&eacute;coms grand public continue &agrave; &ecirc;tre r&eacute;sistant, tandis qu'il pourrait poursuivre sa d&eacute;t&eacute;rioration en Espagne. /Photo prise le 20 mai 2009/REUTERS/John Schults</p>

par Cyril Altmeyer et Nicola Leske

PARIS (Reuters) - France Télécom estime que le marché des télécoms grand public fait toujours preuve de résistance en France mais qu‘il pourrait continuer à se détériorer en Espagne, déclare le directeur financier Gervais Pellissier.

Lors du sommet TMT (Télécoms, médias, technologie) organisé par Reuters à Paris, New York et en Asie, il a également dit prévoir une consolidation du marché européen des télécoms, mais pas dans l‘immédiat, et anticiper une poursuite du désendettement à l’échelle du secteur.

“Sur le marché grand public, nous n‘avons pas observé une grande différence par rapport à la fin du premier trimestre sur le marché français, qui reste très résistant”, a-t-il dit.

Gervais Pellissier a dit cependant anticiper un ralentissement de la croissance du marché de l‘internet en France à entre 15 et 18% en 2009, contre 21-22% en 2008 et 35-36% en 2006, en raison de son arrivée à maturité.

Il a également noté des pressions sur les prix de la part des clients sur le marché des entreprises, lui aussi résistant au premier trimestre pour France Télécom.

La situation pourrait s‘aggraver en Espagne, seul pays d‘Europe où le volume de communications mobiles est à la baisse, à la différence du Royaume-Uni même si ce dernier demeure un marché difficile, a-t-il noté.

Interrogé sur un intérêt pour la filiale de Deutsche Telekom T-Mobile UK au cas où elle serait à vendre, il a répondu par la négative, se montrant peu enclin à participer à la consolidation d‘un marché britannique qui compte selon lui trop de réseaux - cinq au total - et un système de distribution qui ne garantit pas un accès efficace aux clients.

Un rachat de Digital+, la plate-forme de télévision payante que le groupe de télévision payante Prisa envisage de vendre, ne lui a pas paru davantage judicieux.

“Notre activité n‘est pas de gérer de la télévision payante, mais de fournir un accès et d‘en maximiser la valeur”, a-t-il souligné. “Avec notre part de marché de 15% dans le marché de la téléphonie fixe en Espagne, nous ne pourrions pas amortir l‘exclusivité des droits du football. Cela n‘aurait pas de sens”.

Il a indiqué que France Télécom étudierait des propositions de partenariats non financiers, ajoutant que le groupe pourrait, d‘une manière générale, privilégier davantage à l‘avenir des coentreprises avec des partenaires locaux.

LE MAINTIEN DU CASH FLOW ORGANIQUE À E8 MDS, UN “DÉFI”

France Télécom, qui a annoncé le 29 avril le rachat de la quasi-totalité des minoritaires de France Telecom Espana, pour 1,374 milliard d‘euros, rencontre davantage de difficultés pour deux opérations similaires en Egypte et au Sénégal.

En Egypte, où France Télécom est en conflit avec Orascom, son ex-partenaire dans la holding Mobinil, Gervais Pellissier a dit espérer une “résolution rapide” du dossier. Il a indiqué que le groupe avait soumis mardi une offre d‘environ 1,5 milliard d‘euros pour les minoritaires d‘ECMS, filiale de la holding égyptienne Mobinil, contre 1,3 milliard pour celle à 200 livres égyptiennes présentée début avril.

Mais le dialogue de sourds s‘est poursuivi mercredi, le milliardaire égyptien Naguib Saouiris, propriétaire d‘Orascom, déclarant que France Télécom n‘avait pas répondu à sa proposition d‘ouvrir des négociations directes pour résoudre leur différend. (Plus de détails: )

Au Sénégal, Gervais Pellissier a dit que France Télécom était toujours prêt à accroître sa participation, actuellement de 42,3%, dans Sonatel, observant que l‘Etat sénégalais ne l‘avait informé de l‘abandon du projet évoqué par la presse.

France Télécom avait annoncé le 8 avril un projet de montée à 52,2% dans le capital de Sonatel pour 209 millions d‘euros à la faveur d‘un désengagement partiel de l‘Etat sénégalais.

Près d‘un an après la tentative avortée de France Télécom de racheter l‘opérateur nordique TeliaSonera, Gervais Pellissier a observé que la conjoncture financière et la montée du protectionnisme rendaient des fusions transfrontalières improbables pour le moment.

Il a également prévu une poursuite du désendettement dans le secteur des télécoms. “Pour l‘instant, nous nous en tenons à notre objectif de ratio dette nette/Ebitda légèrement inférieur à 2, mais je pense que dans les années à venir, il y aura des pressions supplémentaires pour aller en deçà de ce niveau”, a noté Gervais Pellissier.

L‘objectif de maintenir sur la période 2009-2011 le cash flow organique du groupe à huit milliards d‘euros est un “défi important” dans la conjoncture actuelle, a-t-il souligné. Lors de la publication de ses résultats trimestriels fin avril, France Télécom a abaissé son objectif d‘investissement pour 2009 à un peu moins de 12%, en deçà de la fourchette de 12 à 13% fournie pour 2009-2011.

Avec la contribution de Niclas Mika, édité par Jean-Michel Bélot et Gilles Guillaume

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