April 23, 2009 / 2:41 PM / 8 years ago

Dialogue mal engagé au "Grenelle des antennes"

6 MINUTES DE LECTURE

<p>La ministre de la Sant&eacute; Roselyne Bachelot (au centre), entour&eacute;e des secr&eacute;taires d'Etat &agrave; l'Economie num&eacute;rique Nathalie Kosciusko-Morizet (&agrave; gauche) et &agrave; l'Ecologie Chantal Jouanno. Le gouvernement fran&ccedil;ais a lanc&eacute; ce jeudi un "Grenelle des antennes" pour r&eacute;pondre aux inqui&eacute;tudes sur les dangers &eacute;ventuels de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile mais des associations l'accusent d'avoir verrouill&eacute; le d&eacute;bat. /Photo prise le 23 avril 2009/Philippe Wojazer</p>

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a lancé un "Grenelle des antennes" pour répondre aux inquiétudes sur les dangers éventuels de la téléphonie mobile mais des associations l'accusent d'avoir verrouillé le débat.

Les ministres et secrétaires d'Etat concernés, Roselyne Bachelot (Santé), Chantal Jouanno (Ecologie) et Nathalie Kosciusko-Moriset (Economie numérique), ont d'emblée affiché leur volonté "d'ouverture" et de "transparence."

Or, Jeanine Le Calvez, présidente de Priartem, la plus ancienne association mobilisée, a menacé de quitter les travaux si le gouvernement ne changeait pas de méthode d'ici la prochaine réunion du 6 mai.

Selon elle, tant la lettre de mission de François Fillon que les propos des ministres écartent d'entrée de jeu la dangerosité des antennes-relais pour mieux pointer les dangers du portable en lui-même.

"On nous avait promis un débat sans tabou et ils en sont déjà à minimiser le question des antennes-relais", a-t-elle dit lors d'un point de presse.

Si aucune étude scientifique n'a jusqu'ici démontré avec certitude les dangers de ce type de téléphonie apparu il y a une quinzaine d'années, le public se méfie et les plaintes en justice se multiplient.

Le "Grenelle" de jeudi répond au voeu exprimé par le Premier ministre François Fillon après les condamnations de trois opérateurs à démonter des antennes que certains accusent de provoquer maux de tête et autres problèmes articulaires.

Jeanine Le Calvez a affirmé qu'il n'y avait pas de scientifiques présents lors de cette première réunion, uniquement deux sociologues et un juriste, et que les membres du gouvernement avaient "apporté peu de réponses."

"L'HYPOTHÈSE D'UN RISQUE NE PEUT ÊTRE RETENUE"

Dans un communiqué, Agir pour l'environnement a prévenu que les associations n'avaient "aucune intention de jouer les faire-valoir d'un Grenelle dont les conclusions seraient rédigées avant-même que les hypothèses n'aient été énoncées".

Les ministres ont réaffirmé que le débat était ouvert et que le gouvernement prendrait ses responsabilités en fonction des travaux, qui seront prolongés si nécessaire au-delà du 25 mai, date à laquelle la table ronde doit théoriquement s'achever.

Une quarantaine de représentants d'opérateurs, d'institutions de santé, d'associations de défense de l'environnement et de consommateurs, ainsi que d'élus étaient présents à cette première réunion.

Chantal Jouanno a assuré que le gouvernement se pencherait sur la demande de moratoire présentée par des associations pour l'installation de nouvelles antennes-relais jusqu'à la remise, en septembre, d'un nouveau rapport scientifique.

Elle a également précisé que des experts scientifiques seraient présents lors des réunions ultérieures.

Concernant le danger des téléphones portables, le gouvernement avait déjà prévu d'interdire la promotion à destination des enfants de mois de six ans dans le cadre de la loi Grenelle II sur l'environnement.

Roselyne Bachelot s'est prononcée jeudi dans le Figaro pour une interdiction étendue aux moins de 12 ans.

Mais la ministre de la Santé a répété que toutes les études scientifiques montraient qu'en l'état, "l'hypothèse d'un risque ne pouvait être retenue pour les antennes-relais."

"Même si les antennes-relais cristallisent aujourd'hui l'attention, le téléphone mobile, par sa très grande proximité avec l'utilisateur, expose davantage au rayonnement électromagnétique", a-t-elle dit.

Roselyne Bachelot ne veut pas se prononcer sur une éventuelle diminution de puissance des antennes-relais avant la fin de la table ronde.

Jean-Marie Danjou, délégué général de l'association française des opérateurs mobiles, a souligné que les entreprises étaient allées au-delà du cadre réglementaire en prenant des engagements volontaires.

Il a cité le guide des bonnes pratiques signé avec l'Association des maires de France pour les antennes-relais et l'engagement, pour les téléphones portables, de ne pas faire de marketing ou de publicité à l'attention des enfants.

Jean-Marie Danjou a souligné une "contradiction majeure" entre la difficulté pour les opérateurs d'installer des antennes-relais et les obligations de couverture imposées par l'Etat, notamment pour couvrir les "zones blanches."

Edité par Yves Clarisse

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