23 avril 2009 / 06:55 / il y a 8 ans

Les ondes en questions lors du "Grenelle des antennes"

<p>Le minist&egrave;re fran&ccedil;ais de la Sant&eacute; lance ce jeudi son "Grenelle des antennes", table ronde destin&eacute;e &agrave; r&eacute;pondre aux inqui&eacute;tudes grandissantes concernant les dangers &eacute;ventuels de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile. /Photo d'archives/Vincent West</p>

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le ministère français de la Santé lance ce jeudi son "Grenelle des antennes", table ronde destinée à répondre aux inquiétudes grandissantes concernant les dangers éventuels de la téléphonie mobile.

Objectif de la réunion, selon ses organisateurs : "Traiter le problème des antennes-relais et des téléphones portables, qui posent des questions en termes de santé publique".

Une quarantaine de représentants d'opérateurs, d'institutions de santé, d'associations de défense de l'environnement et de consommateurs, d'élus et des pouvoirs publics sont attendus autour de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et des secrétaires d'Etat Chantal Jouanno (Ecologie) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique).

Au 31 décembre 2008, la France comptait plus de 58 millions de clients aux services de la téléphonie mobile. Les trois principaux opérateurs sont Orange, SFR et Bouygues Telecom.

Si aucune étude scientifique n'a jusqu'ici démontré avec certitude les dangers de ce type de téléphonie apparu il y a une quinzaine d'années, le public se méfie et les plaintes en justice se multiplient.

Le "Grenelle" de jeudi répond au voeu exprimé par le Premier ministre François Fillon après les condamnations de Bouygues Telecom et SFR à démonter des antennes que certains accusent de provoquer maux de tête et autres problèmes articulaires.

AUCUN MÉDECIN INVITÉ

Lundi, une vingtaine d'habitants de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) ont déposé une plainte collective contre Orange pour "trouble anormal du voisinage" en exigeant le démontage de trois antennes-relais.

Pour certains scientifiques, ces dernières sont moins dangereuses que les téléphones portables, que les médecins recommandent d'utiliser avec parcimonie et loin des enfants.

Le "Grenelle" devrait étudier la question du seuil d'exposition aux ondes. La norme européenne est de 61 volts par mètre pour la téléphonie mobile, un chiffre que des associations comme Robin des Toits voudraient voir ramené à 0,6 volts.

<p>La secr&eacute;taire d'Etat charg&eacute;e de l'Economie num&eacute;rique, Nathalie Kosciusko-Morizet, la Ministre de la Sant&eacute; Roselyne Bachelot-Narquin et Chantal Jouanno, la secr&eacute;taire d'Etat charg&eacute;e de l'Ecologie (de gauche &agrave; droite). Une quarantaine de repr&eacute;sentants d'op&eacute;rateurs, d'institutions de sant&eacute;, d'associations de d&eacute;fense de l'environnement et de consommateurs, d'&eacute;lus et des pouvoirs publics se sont r&eacute;unis jeudi &agrave; l'occasion du "Grenelle des antennes", une table ronde destin&eacute;e &agrave; r&eacute;pondre aux inqui&eacute;tudes grandissantes concernant les dangers &eacute;ventuels de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile. /Photo prise le 23 avril 2009/Philippe Wojazer</p>

Avant même le début de la réunion, les Verts ont dénoncé dans un communiqué un gouvernement qui "se fait l'avocat des intérêts financiers des industriels contre la santé des citoyens et le principe de précaution".

Patrice Halimi, secrétaire général de l'Association Santé et Environnement France (Asef), souligne que "le problème n'est pas 'est-ce qu'on téléphone ou pas', mais dans quelles conditions".

"C'est comme pour votre voiture : elle peut aller à 200 km/h mais vous n'avez pas le droit de la pousser jusque-là, ce qui ne vous empêche pas vous déplacer", note le chirurgien basé à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui s'étonne d'ailleurs qu'aucun médecin n'ait été invité au "Grenelle". "C'est quand même nous qui soignons les gens qui ont un problème."

"DIMENSION IRRATIONNELLE TRÈS FORTE"

Un autre défi de la table ronde du ministère consistera à réconcilier les pouvoirs publics avec une opinion échaudée par les mensonges des autorités après l'accident de Tchernobyl en 1986 ou des affaires du type amiante ou lignes à haute tension.

"On est dans une zone de flou où la dimension irrationnelle est très forte", note Luc Rouach, président de SDnum, qui commercialise des antennes-relais pour acheminer du haut débit dans des endroits où il n'est pas très performant.

Ce professionnel dit avoir vu fleurir des collectifs anti-antennes depuis deux ou trois ans.

"Parfois les gens sont très déterminés, parfois ils sont juste en recherche d'information. Il faut les tranquilliser", note-t-il. "Ils disent qu'il y a assez d'antennes comme ça, que s'ils ont choisi de vivre à la campagne, ce n'est pas pour être envahis par tout ça."

Lui-même recommande de multiplier les antennes moins puissantes, regroupées sur un nombre limité de pylônes.

Patrice Halimi souhaite pour sa part "une reprise en main publique" du problème des antennes-relais "avec des localisations, des puissances et une réflexion, afin de ne pas en rester à la loi de l'offre et de la demande".

"Si in fine dans 20 ou 30 ans on se rend compte qu'il n'y a aucune nocivité, nous n'aurons fait aucune erreur. On ne sera pas là à se dire: 'Mon Dieu si on avait su'."

Edité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below