April 7, 2009 / 10:27 AM / in 8 years

L'Australie bâtira un réseau haut débit de 23 milliards d'euros

5 MINUTES DE LECTURE

<p>Apr&egrave;s avoir rejet&eacute; l'ensemble des propositions qui lui ont &eacute;t&eacute; soumises par le secteur priv&eacute;, le gouvernement australien a d&eacute;cid&eacute; de conduire lui-m&ecirc;me la construction d'un r&eacute;seau internet &agrave; haut d&eacute;bit national par le biais d'une soci&eacute;t&eacute; semi-publique. /Photo prise le 7 avril 2009/Daniel Munoz</p>

par Rob Taylor

CANBERRA (Reuters) - Le gouvernement australien va conduire lui-même la construction d'un réseau internet à haut débit national par le biais d'une société semi-publique, après avoir rejeté l'ensemble des propositions qui lui ont été soumises par des entreprises.

Les dossiers présentés par ces dernières offrent un rapport qualité-prix insuffisant, a expliqué mardi le Premier ministre, Kevin Rudd, prenant tout le monde de court.

Il a précisé que le gouvernement demanderait à des entreprises privées de participer au nouveau projet, le plus important programme d'infrastructure jamais réalisé dans le pays. D'un montant de 43 milliards de dollars australiens (23 milliards d'euros), il doit aboutir à la construction d'un réseau national 100 fois plus rapide que celui qui existe aujourd'hui et couvrir 90% des habitations.

Le réseau actuel est le plus cher et le plus lent de la plupart des pays industrialisés et le gouvernement veut utiliser l'internet nouvelle génération pour couvrir un territoire vaste et souvent difficilement accessible.

"Il est temps pour nous de saisir le taureau par les cornes. L'initiative annoncée aujourd'hui est un investissement d'infrastructure historique centré sur l'intérêt national à long terme de l'Australie", a déclaré le Premier ministre à des journalistes au parlement.

Le gouvernement vendra sa participation majoritaire dans la société qui conduira le projet cinq après l'entrée en service du réseau, dont la construction doit encore recevoir le feu vert du parlement.

La construction du réseau de fibres optiques, l'une des principales promesses de campagne de Rudd fin 2007, serait le plus important partenariat public-privé dans le pays à ce jour. Il marque la préférence du Premier ministre pour une intervention de l'Etat en ces temps de crise économique.

POLÉMIQUE

Un consortium regroupant de riches hommes d'affaires australiens et des sociétés implantées de longue date dans le secteur des télécoms était considéré comme le grand favori devant Optus, propriété de Singapore Telecommunications, et le canadien Axia NetMedia.

Le processus de sélection a été marquée par une vive polémique provoquée par le rejet en décembre du dossier présenté par le premier opérateur télécoms australien, Telstra. Une commission gouvernementale a estimé que son offre ne respectait pas les critères imposés.

Rudd a précisé que le nouveau projet de réseau haut débit serait financé par un fonds national pour les infrastructures représentant 20 milliards de dollars australiens et par la vente d'obligations. Le gouvernement a déjà investi 4,7 milliards de dollars australiens dans le projet.

Les investissements du secteur privé seront par ailleurs plafonnés à 49%.

Rudd a estimé que la construction du réseau prendrait sept à huit ans, un délai qui pourrait mécontenter les électeurs appelés aux urnes l'an prochain pour choisir un nouveau gouvernement.

"Nous avons tenu une promesse électorale qui a été améliorée. Nous allons de fait apporter une vitesse améliorée à un plus grand nombre de gens", a déclaré à Reuters le ministre des Communications Stephen Conroy, qui a dit ne pas avoir d'inquiétudes concernant la réaction des électeurs et des poids-lourds des télécoms après l'échec du processus d'appel d'offres.

"La crise financière mondiale est intervenue au beau milieu du processus. La crise s'est abattue précisément sur (les télécoms), l'argent s'est fait rare pour tout le monde", a justifié Conroy.

Le ministre a précisé que Telstra pourrait se joindre au nouveau projet qui devrait permettre de créer 37.000 emplois, selon le gouvernement.

version française Gwénaelle Barzic

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below