1 avril 2009 / 11:51 / il y a 8 ans

Croissance zéro prévue pour le secteur des logiciels en France

<p>Syntec Informatique anticipe une croissance z&eacute;ro du chiffre d'affaires du secteur des logiciels et des services en France en 2009, avec une marge de -2% &agrave; +2%, sous le coup de pressions sur les prix et de la lenteur des prises de d&eacute;cisions des entreprises. /Photo d'archives/REUTERS/Sherwin Crasto</p>

PARIS (Reuters) - Syntec Informatique annonce anticiper une croissance zéro du chiffre d‘affaires du secteur des logiciels et des services en France en 2009, avec une marge de -2% à +2%, sous le coup de pressions sur les prix et de la lenteur des prises de décisions des entreprises.

Le secteur a enregistré une croissance de 5,5% à 42 milliards d‘euros en 2008, dans le bas de la fourchette de 5 à 7% fournie par l‘organisation qui regroupe un millier de sociétés représentant 80% du chiffre d‘affaires du secteur.

La France devrait se situer dans la tendance prévue pour l‘Europe cette année, avec une stagnation en Allemagne et des reculs respectifs de 2% et 5% au Royaume-Uni et en Espagne, a ajouté Syntec Informatique.

“Le premier trimestre sera probablement le plus acceptable parce qu‘il est lié à tous les contrats engrangés l‘année dernière, mais il est très difficile de prévoir de manière fine une saisonnalité avec les incertitudes qu‘il y a aujourd‘hui”, a expliqué lors d‘une conférence de presse Jean Mounet, président de Syntec Informatique, abandonnant de fait l‘objectif de croissance pour le premier semestre réaffirmé en janvier.

Syntec Informatique dit ne pas constater de remise en cause des projets en cours, mais la clientèle, en quête de retours sur investissements plus rapides, retarde ses processus de décision, pesant sur les marges, et réclame des baisses de prix.

“De grands groupes, parfois avec des parties de capital public, font pression sur des PME innovantes de 100 personnes en leur disant : ‘Si vous ne baissez pas de 20% l‘année prochaine, vous ne travaillez plus avec nous’”, a regretté Jean Mounet, qui est également vice-président de Sopra Group.

Selon les analystes, le secteur devrait mieux résister à la crise actuelle qu’à celle connue par le secteur en 2001-2003 à la suite de l’éclatement de la bulle internet, parce qu‘il a augmenté sa part de revenus récurrents et qu‘il recourt de plus en plus à la main-d‘oeuvre “offshore” (dans les pays émergents).

CONSEIL ET R&D EXTERNALISÉE LES PLUS TOUCHÉS

Les activités les plus touchées devraient être le conseil, la recherche et développement externalisée et l‘assistance technique, avec des baisses respectives de 5%, 4% et 3%, tandis que l‘infogérance (+5 à 6%) et les logiciels embarqués - c‘est-à-dire intégrés dans des équipements - devraient se montrer les plus résistants avec une croissance de 5%.

En 2008, le conseil et services informatiques ont représenté 57% du chiffre d‘affaires du secteur en France, contre 29% pour l’édition de logiciels et 14% pour le conseil en technologies.

L‘industrie a assuré 35% des ventes du secteur l‘année dernière, loin devant les secteurs publics (15%), la banque (13%) et les transports (12%).

Le secteur des logiciels et des services, qui compte 21.300 entreprises employant de 370.000 personnes en France, devrait voir ses capacités de recrutement du secteur baisser en 2009, avec une chute de 30 à 50% du taux de turnover, de 15-18% en 2008 à 10-12% en 2009, a précisé Syntec Informatique.

Le secteur pourrait bénéficier des effets de la régulation accrue, notamment dans le secteur financier, de la rationalisation des services informatiques en réponse au besoin d’économies des entreprises et du développement des logiciels embarqués, a expliqué Romain Hugot, président de la commission économie-marchés de Syntec Informatique.

Les Saas (software as a service), qui ne représentent pour l‘instant qu‘environ 5% du secteur, affichent une croissance de 40 à 50%, a noté Jean Mounet. Vendus sous forme de forfaits regroupant l‘utilisation d‘un logiciel sur une période donnée et la maintenance, les Saas servent par exemple au partage de données sur les niveaux de remplissage des camions dans le transport routier.

Cyril Altmeyer, édité par Jacques Poznanski

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