12 mars 2009 / 14:41 / dans 9 ans

Le livre numérique reste en devenir en Europe

<p>Mod&egrave;les de livres num&eacute;riques sur le stand Sony du Salon du Livre, qui ouvre ses portes vendredi &agrave; Paris. M&ecirc;me si le d&eacute;veloppement du livre num&eacute;rique est loin de rencontrer en France le succ&egrave;s qu'il conna&icirc;t au Japon en raison d'obstacles &eacute;conomiques et techniques, les professionnels du secteur croient &agrave; son avenir. /Photo prise le 12 mars 2009/REUTERS/Philippe Wojazer</p>

par Wilfrid Exbrayat

PARIS (Reuters) - Même si le développement du livre numérique est loin de rencontrer en France le succès qu‘il connaît au Japon en raison d‘obstacles économiques et techniques, les professionnels du secteur croient à son avenir.

En France, le chiffre d‘affaires tiré de la vente de livres numériques, sur CD ou DVD essentiellement, stagne depuis trois ans à 30-40 millions d‘euros, soit 1% du C.A. des éditeurs de livres, selon le Syndicat national de l’édition (SNE).

Quant au livre numérisé téléchargeable, sa pénétration est tellement négligeable qu’“elle n‘est pas encore traçable dans nos statistiques”, précise le Syndicat.

Aux Etats-Unis, les ventes de livres téléchargeables sont plus visibles mais encore timides, estimées à 45 millions de dollars en 2008, soit 0,2% du C.A. total comptabilisé par l‘Association des éditeurs américains.

C‘est un marché “tout à fait embryonnaire, sauf qu‘aux Etats-Unis, le développement du livre numérique est en croissance forte”, note un porte-parole du SNE. “En France c‘est semble-t-il nettement plus lent ; l‘offre est moins développée qu‘aux USA mais reste substantielle quand même.”

L‘offre numérique représente de fait en France plusieurs dizaines de milliers d‘ouvrages, à comparer aux quelque 530.000 références annuelles pour le livre papier.

Aux Etats-Unis, le libraire en ligne Amazon.com offre le plus grand choix. Il revendique pour sa liseuse Kindle2, sorte de tablette de la taille d‘un livre permettant de lire un texte numérisé, un choix de 230.000 titres.

Selon une enquête du cabinet GfK citée par le SNE, les internautes évaluent à 63 euros le juste prix d‘une liseuse, alors qu‘elles se vendent actuellement 200 à 300 euros au minimum. Amazon vend la Kindle2 359 dollars aux USA.

Outre les obstacles économiques et techniques, le SNE cite le confort de lecture, la convivialité et l‘interopérabilité logicielle entre les différents modèles de liseuses.

“QUI PRODUIT, QUI PROTÈGE ET QUI DIFFUSE ?”

Le rapport Patino sur le livre numérique remis au gouvernement en juin 2008 remarquait que l‘entrée du livre dans l’ère numérique semblait plus tardive que pour d‘autres médias.

Pour Bertrand Morisset, commissaire général du Salon du Livre qui ouvre vendredi à Paris, la problématique se résume ainsi : “Qui produit, qui protège et qui diffuse ?”

“Même si actuellement le C.A. du livre numérisé c‘est ‘peanuts’, ce qui se joue c‘est qu‘entre 20 et 30% des contenus, pour la France et quel que le soit le type de livre, vont se dématérialiser sur des supports mobiles”, explique-t-il.

Le marché japonais des livres numériques est aujourd‘hui le plus développé au monde : il représente 3% du marché national de l’édition (environ 250 millions d‘euros) et poursuit une forte croissance depuis 2003. Selon certaines prévisions, le pourcentage pourrait atteindre 10% en 2011.

Ainsi, la nouvelle à succès “Koizora”, destinée aux jeunes filles, fut à l‘origine diffusée sur téléphone mobile, avant de se voir transformer en manga, puis en film. Nintendo adapte de son côté pour ses consoles de jeux des livres pratiques, de langue, de cuisine ou autres.

Aux Etats-Unis, grâce à un logiciel dédié, les utilisateurs de l‘iPhone et de l‘iPod Touch d‘Apple peuvent désormais consulter des livres électroniques destinés au Kindle2.

“La question n‘est pas de savoir lequel de ces supports va gagner mais comment protéger les contenus. Le problème qui se pose est donc essentiellement le piratage sur tous ces supports”, note Bertrand Morisset.

Problème que l‘on minimise au SNE.

“Le livre n‘est pas autant numérisé que l’était par exemple la musique lorsqu‘on a commencé à la pirater”, note le syndicat. “En outre, la diffusion numérique du livre ne se fait pas par l‘intermédiaire d‘un logiciel unique”.

“Le PDF (Portable Document Format) n‘est pas le MP3 du livre”, ajoute-t-on, en référence au format de document mis au point par l‘américain Adobe Systems et à celui de compression des fichiers musicaux.

Edité par Yves Clarisse

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