24 février 2009 / 11:45 / dans 9 ans

Les analystes voient d'un bon oeil la décision sur Orange sport

<p>Le tribunal de commerce de Paris a interdit lundi la vente exclusive de la cha&icirc;ne Orange Sport aux abonn&eacute;s ADSL de France T&eacute;l&eacute;com et a enjoint l'op&eacute;rateur &agrave; fournir &agrave; la concurrence la cha&icirc;ne qui diffuse des matches de la Ligue 1 de football. Cette d&eacute;cision est plut&ocirc;t vue d'un bon oeil par les analystes, r&eacute;serv&eacute;s sur la rentabilit&eacute; des investissements en contenus exclusifs. /Photo d'archives/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>

PARIS (Reuters) - La décision du tribunal de commerce d‘interdire la vente exclusive par France Télécom de sa chaîne de télévision Orange Sport à ses abonnés ADSL est vue plutôt d‘un bon oeil par les analystes, réservés sur la rentabilité des investissements en contenus exclusifs.

France Télécom, de son côté, a indiqué n‘exclure “aucune option” après ce revers porté à sa stratégie de contenus “premium” dans les domaines du sport et du cinéma.

En Bourse, l‘action gagne 0,83% à 17,6650 euros vers 12h00 dans un marché en baisse, l‘indice européen des télécoms cédant 0,61% au même moment.

Le tribunal de commerce a estimé qu‘en réservant la chaîne à ses seuls abonnés, France Télécom procèdait à une vente liée et a enjoint l‘opérateur à fournir à la concurrence la chaîne qui diffuse des matchs de la Ligue 1 de football.

Interrogé sur son intention de faire appel de la décision, un porte-parole a répondu : “nous n‘excluons aucune option et celle-là en fait partie”.

Il n‘a pas non plus écarté l’éventualité d‘une renégociation du contrat conclu sur quatre ans pour un montant annuel de 203 millions d‘euros avec la Ligue de football professionnel. “Nous allons regarder tous nos contrats et cette décision très précisément”, a-t-il dit.

A fin septembre, Orange Sport avait officiellement séduit 56.000 clients et compterait actuellement, selon les estimations, un peu plus de 100.000 clients. Au prix de six euros par mois, les revenus de la chaîne avoisineraient en année pleine 7,2 millions d‘euros par an, une somme fort éloignée des montants investis.

Pour CM-CIC Securities, l‘impact quantifiable de la décision du tribunal est “limité” car “la perte de ce produit d‘appel pourrait même se trouver compensée par le gain d‘une base d‘abonnés adressable plus large”.

Le courtier souligne que “l‘impossibilité potentielle d‘exploiter ce type de contenus via une stratégie commerciale et des offres spécifiques pourrait l‘amener à revoir à la baisse ses ambitions dans la diffusion de contenus premium”.

CM-CIC estime à 300 millions l‘investissement total réalisé par France Télécom dans les contenus.

LA BATAILLE JURIDIQUE CONTINUE

Outre Orange Sport, l‘opérateur a lancé en octobre dernier cinq chaînes de cinéma, Orange Cinéma Séries, avec l‘objectif de séduire plus de 100.000 abonnés d‘ici la fin 2009.

L‘analyste d‘une grande banque française se dit également plutôt satisfait d‘une décision susceptible de mettre un frein à une politique de contenus “qui n‘a pas été un succès et n‘a pas apporté beaucoup de nouveaux abonnés”. “La stratégie d‘investir beaucoup dans des contenus différenciants ne créé pas beaucoup de valeur”, dit-il.

Jean-Claude Delcroix, analyste au cabinet d’études Gartner, fait également part “de ses réserves sur cette politique de contenus de la part d‘opérateurs de télécommunications”.

“Il ne faut pas trop dépenser pour les contenus car cela n‘est pas très rentable”, plaide-t-il. “Il vaut mieux qu‘un opérateur soit un bon distributeur de multiples contenus qu‘un média avec des contenus spécifiques et exclusifs”.

Les opérateurs Free, filiale d‘Ilad, et SFR du groupe Vivendi se sont félicités de la décision du tribunal de commerce.

“Nous nous félicitons de cette décision qui va dans le sens du consommateur”, a notamment déclaré un porte-parole de SFR qui rappelle la stratégie du groupe “d‘ouvrir tous les contenus disponibles sur tous nos réseaux”. “Nous espérons pouvoir proposer Orange Foot le plus rapidement possible à nos clients”, a-t-il ajouté.

Les analystes soulignent que la bataille juridique n‘est pas terminée compte tenu des recours déposés devant l‘Autorité de la concurrence.

En achetant des droits exclusifs, France Télécom marche sur les plates-bandes de Canal+, la filiale de télévision payante de Vivendi, qui a porté plainte auprès de l‘Autorité de la concurrence. Le gouvernement a également saisi l‘organisme de cette question de l‘exclusivité des droits.

Nathalie Meistermann, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below