15 février 2009 / 19:04 / il y a 9 ans

Envol contrarié des services de banque sur mobile

par Tarmo Virki

HELSINKI (Reuters) - Alors que les opérations bancaires à partir d‘un téléphone mobile connaissent un développement croissant dans des pays comme le Japon, la Turquie et le Kenya, ailleurs l‘essor des téléphones portables faisant office de porte-monnaie électronique est freiné par des désaccords sur le partage des revenus.

Au Kenya et en Turquie, des millions de clients utilisent leurs téléphones pour envoyer de l‘argent ou accéder à leur compte en banque. Au Japon, la moitié des combinés vendus dans l‘archipel sont équipés d‘un système de porte-monnaie électronique. Soit un marché potentiel de 50 millions d‘utilisateurs.

La technologie permettant aux téléphones portables de servir de moyen de paiement dans les magasins ou dans les transports publics, lorsqu‘ils se trouvent à proximité d‘une borne dédiée, est prête, et les premières réactions sont positives, explique Mary Carol, responsable de l‘activité mobile chez Visa Europe.

“Des essais montrent qu‘une majorité écrasante d‘utilisateurs l‘apprécient”, ajoute-t-elle. “Le problème majeur porte sur le modèle économique.”

Selon des responsables du secteur, il faudra attendre au moins 2010 pour que les téléphones équipés de cette technologie soient largement répandus. Sans compter que le secteur financier et les opérateurs télécoms doivent encore trouver un accord sur les revenus générés et leur partage.

La rencontre entre ces deux industries sera l‘un des points saillants du salon Mobile World Congress de Barcelone qui s‘ouvre lundi.

“Le secteur financier tout comme les opérateurs télécoms veulent garder la main sur la relation finale avec le client, c‘est l‘un des points d‘achoppement”, souligne Juha Murtopuro, directeur général de Valimo Wireless, fournisseur d‘une technologie d‘identification pour téléphone mobile.

Pour Murtopuro, comme pour d‘autres, un compromis devra être trouvé, avec des solutions variant d‘un marché à un autre. D‘autant que les ingrédients sont déjà en place au vu du nombre d‘utilisateurs détenant à la fois un mobile et un compte bancaire.

“Les consommateurs sont clients de plusieurs fournisseurs (ndlr, banques, opérateurs de téléphonie, cartes bancaires). C‘est aussi quelque chose de très typique dans notre secteur”, explique Art Kranzley, responsable des technologies chez Mastercard.

OPPORTUNITÉS SUR LES MARCHÉS ÉMERGENTS

Pour de nombreux clients des marchés émergents, les premières transactions bancaires devraient être effectuées via les téléphones portables.

“Toutes les pièces se mettent en place pour la banque sur mobile afin de transformer la manière dont quelque 1,5 milliard de personnes accèdent aux services bancaires dans les marchés émergents”, déclare Elizabeth Littlefield, responsable de CGAP, un groupement spécialisé dans la microfinance, notamment dans les pays pauvres.

Au Kenya, le service de paiement par mobile M-Pesa de Safaricom, qui permet notamment aux clients de l‘opérateur télécoms d‘envoyer de l‘argent à leurs proches, a séduit cinq millions de personnes en moins de deux ans.

Selon CGAP, le service M-Pesa est 45% moins cher que les autres systèmes de transfert d‘argent, et 83% des utilisateurs estiment que s‘ils n‘avaient pas accès ce service, cela aurait un “impact largement négatif” dans leur vie.

En Turquie, quelque deux millions de transactions - pour la plupart à partir d‘espèces retirées depuis un distributeur automatique - ont été effectuées l‘année dernière en utilisant le service mobile de l‘opérateur télécoms Turkcell.

Version française Claude Chendjou

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