2 février 2009 / 18:08 / il y a 9 ans

Google se lance à la conquête des océans

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) - Google a présenté une nouvelle version de Google Earth, son logiciel d'exploration virtuelle de l'univers, qui permet désormais de voyager en trois dimensions dans les profondeurs des océans, observer le relief sous-marin et suivre la migration des espèces aquatiques.

"Il a fallu dix ans de collaboration avec plus de 80 organismes scientifiques et des dizaines d'ingénieurs de Google pour mettre au point Ocean", a expliqué Mats Carduner, directeur général de Google France et Europe du Sud. Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse organisée à Paris en présence de Francine Cousteau, présidente de The Cousteau Society.

Le groupe californien devait organiser dans la soirée une conférence similaire à San Francisco, en présence d'Al Gore, l'ancien vice-président américain, prix Nobel de la Paix pour son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Jusqu'ici, la navigation dans les milieux marins était impossible, nécessitant une modélisation des profondeurs, alors que seuls 5% de cet espace ont été explorés par l'homme.

Les océans recouvrent plus de 70% de la surface de la Terre et abritent 80% de la vie sur la planète. Avec la version 5 de Google Earth, le géant de l'internet veut rendre accessible, au grand public comme aux professionnels, les fonds marins, les épaves, les récifs coralliens et autres milieux aquatiques.

Pour cela, il s'est associé avec l'US Navy, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), le National Geographic, la BBC, la Cousteau Society et une vingtaine de partenaires qui lui apportent des images satellites, des vidéos, des photographies, des données historiques, géologiques et météorologiques en temps réel.

Mais seule une toute petite partie des 5% de la surface cartographiée des océans et des mers est disponible dans des images en haute résolution et détaillées.

"Votre voyage vous amènera à nager autour des volcans sous-marins, à regarder des vidéos sur la vie marine et à découvrir l'histoire des naufrages d'antan", promet néanmoins Mats Carduner, montrant comment voler, zoomer, pivoter ou grimper du bout de la souris.

"En plongeant, vous pourrez vous promener dans le relief en 3D du fond de l'océan, y compris celui de la dorsale médio-océanique, la plus longue chaîne de montagnes sous-marine, qui s'étend sur plus de 50.000 km", a-t-il ajouté.

"SENSIBILISER AUX DANGERS"

A l'heure des préoccupations environnementales et du débat sur la responsabilité de l'homme dans la fonte des glaciers, l'outil voyage permet d'accéder à des images historiques, de voir les transformations du développement urbain et les dégâts environnementaux tels que l'érosion côtière ou la déforestation.

"L'objectif de Google est de contribuer à sensibiliser aux dangers qui menacent les océans", souligne Google, montrant par exemple le flux et le reflux de la glace sur la mer au cours des 30 dernières années.

"Les récifs coralliens sont aujourd'hui très abîmés dans plus de 93 pays et 60% des récifs de notre planète risquent de disparaître d'ici 30 ans", avertit Google.

En informant sur les pratiques de consommation, le groupe dit vouloir limiter l'impact de la surexploitation, estimant que les pratiques de pêche provoquent chaque année la mort de plus de 100.000 albatros et 300.000 dauphins, baleines et marsouins.

De même, avec l'outil vie océanique, qui permet de suivre - en léger différé, afin de protéger les animaux et éviter leur traque - le parcours migratoire des requins équipés d'une puce, Google pense que les internautes seront plus sensibles à leur sort.

La dimension communautaire n'est pas oubliée. Google joue sur les synergies avec son site vidéo YouTube et ses autres outils et permet aux utilisateurs de Google Earth de proposer leurs propres photos et vidéos sur des lieux de surf et de plongée.

Les internautes peuvent enregistrer leur voyage virtuel, l'annoter, ajouter un commentaire audio ou écrit et l'envoyer par e-mail à d'autres personnes ou le poster sur le site.

Interrogé sur le modèle économique de Google Earth, le groupe a reconnu qu'il était toujours à la recherche d'une solution efficace pour rentabiliser son site.

Téléchargé à plus de 400 millions d'exemplaires depuis sa sortie en 2005, Google Earth est en concurrence avec Geoportail, le site de cartographie de l'IGN, et Virtual Earth, la plate-forme de Microsoft.

Édité par Gilles Trequesser

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