26 janvier 2009 / 12:50 / il y a 9 ans

Le marché a les yeux rivés sur le dividende de France Télécom

<p>Didier Lombard, pr&eacute;sident de France T&eacute;l&eacute;com. Les analystes ont plus que jamais les yeux riv&eacute;s sur la ligne du dividende de l'op&eacute;rateur et attendent peu de choses du plan &agrave; trois ans qui sera d&eacute;voil&eacute; par le groupe en mars prochain, lors de la publication des r&eacute;sultats 2008. /Photo d'archives/Albert Gea</p>

par Nathalie Meistermann

PARIS (Reuters) - Les analystes télécoms ont plus que jamais les yeux rivés sur la ligne du dividende de France Télécom et attendent peu de choses du plan à trois ans qui sera dévoilé par l'opérateur en mars prochain, lors de la publication des résultats 2008.

"Ce n'est pas le moment d'être agressif. Cela ne serait pas crédible et ce n'est pas la peine de se mettre en danger", résume l'analyste d'une banque espagnole.

"Personne dans ce marché ne peut se permettre des déclarations fracassantes", renchérit Robin Bienenstock, analyste chez Bernstein. "J'attends le même discours axé sur la maîtrise des investissements, la génération de cash flow, le dividende et la discipline financière", explique-t-elle.

Dans le même esprit, Jean-Claude Delcroix, analyste chez Gartner, anticipe "une continuité de la stratégie prudente des dernières années". Il en est ainsi de l'investissement contenu dans la limite de 13% du chiffre d'affaires ou de la politique d'acquisitions ciblées dans les marchés émergents.

Le précédent plan insistait sur le désendettement avec un objectif de ratio dette nette sur marge brute opérationnelle inférieur à 2, atteint dès 2007 avec un an d'avance.

La dette, montée à 68 milliards en 2002, n'est plus la préoccupation première des investisseurs. La prime de credit default swap du groupe est d'environ 98, selon la société Markit, contre 205,64 vendredi pour le secteur TMT (indice iTraxx Europe TMT).

DIVIDENDE ATTENDU À 1,404 EURO/ACTION

L'heure est aujourd'hui à la rémunération des actionnaires et le statut de valeur de rendement de l'opérateur - dépendant de marchés mûrs qui, au mieux, stagnent - est accentué par l'image défensive des télécommunications dans la crise.

Dans un marché peu propice aux plus-values boursières, le dividende est un "thème de société", écrit CM-CIC Securities dans une note du 16 janvier. Le courtier classe France Télécom parmi "les valeurs à fort rendement où le dividende ne semble pas en risque". "L'Etat actionnaire n'a probablement aucune raison de ne pas profiter de cette manne financière", dit-il.

L'opérateur a annoncé pour 2008 un dividende supérieur à 1,30 euro et se réserve la possibilité de distribuer plus que 45% du free cash flow organique qui dépassera 7,8 milliards.

Le dividende devrait avoisiner 1,404 euro (+12%), selon un consensus Reuters Estimates de 35 analystes. Au cours de lundi de 18,70 euros en milieu de journée, le rendement ressortirait à 7,5% environ.

Un tel dividende capterait 47% du free cash flow et laisserait ouverte la question d'une rémunération supplémentaire sous forme de dividende exceptionnel, de rachat d'action ou de reprise d'une partie des 26,7% détenus par l'Etat.

Depuis un an, la spéculation sur le retour aux actionnaires soutient le cours et le groupe ne peut se permettre de décevoir le marché. Il ne peut décevoir non plus son premier actionnaire qui a intérêt à un cours soutenu pour monétiser ses avoirs.

L'expert français observe que la dernière cession d'actions par l'Etat - 130 millions, 5% du capital, en juin 2007 à 20,40 euros - s'était faite à un cours assez proche du cours actuel.

Vers 13h00, le titre se traitait à 18,70 euros (-2,09%).

CARACTERE DEFENSIF, LEGENDE OU REALITE?

Le groupe met en avant sa "forte résilience en période de ralentissement de la croissance économique" avec 85% de son chiffre d'affaires en France en recettes récurrentes.

"Le marché français, plus solide et moins compétitif que le marché allemand, par exemple, représente 65% du free cash flow du groupe", selon un analyste. Cette dépendance à la France, autrefois perçue comme une faiblesse, serait sa force car la récession s'y annonce un peu moins rude qu'ailleurs en Europe.

Les analystes tablent sur un maintien des résultats futurs avec un chiffre d'affaires prévu en hausse de 0,7% en 2009 et de 1% en 2010, selon un consensus Reuters Estimates (34 analystes).

Le caractère acyclique supposé des télécoms a conduit les gérants à surpondérer le secteur en 2008, ce qui, paradoxalement, le rend vulnérable aux rotations sectorielles à la moindre alerte, souligne Dexia dans une note du 7 janvier.

Pour Robin Bienenstock (Bernstein), le secteur va décevoir car il est "cyclique avec retard" comme le montre la baisse du trafic voix en Espagne, un pays plus avancé dans la récession.

Parmi les atouts de France Télécom, figurent la solidité de son bilan et le soutien perçu de l'Etat qui lui a permis de lever, sans encombre, un milliard le 13 janvier avec un coupon de 5% quand Deutsche Telekom a dû offrir 6% le lendemain pour emprunter 2 milliards.

A l'inverse le risque posé par la régulation "est plus important que la crise" pour France Télécom, observe Jean Claude Delcroix (Gartner) avec l'arrivée probable d'un nouvel opérateur de téléphonie mobile et la baisse du prix des terminaisons d'appel.

Enfin, l'Etat pourrait pousser France Télécom à investir massivement dans la fibre optique. Avec un coût estimé à 10 milliards sans retour sur investissement avant, au mieux, 8 ans, l'aventure coûterait très cher, prévient Bernstein Research.

Nathalie Meistermann, édité par Jacques Poznanski

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