January 23, 2009 / 8:46 AM / 9 years ago

Le fabricant de semi-conducteurs Qimonda dépose son bilan

4 MINUTES DE LECTURE

<p>Le fabricant de m&eacute;moires Qimonda a d&eacute;pos&eacute; son bilan et a expliqu&eacute; qu'il entendait restructurer des pans entiers de son organigramme./Photo prise le 23 janvier 2009/Alexandra Beier</p>

par Irene Preisinger et Nicola Leske

FRANCFORT (Reuters) - Le fabricant allemand de mémoires informatiques Qimonda est devenu le premier grand acteur du secteur des semi-conducteurs à déposer son bilan depuis le début de la crise, qui fait chuter les prix des puces et provoque de graves difficultés de financement.

Le numéro quatre mondial des mémoires DRAM, des composants utilisés principalement dans les ordinateurs de bureau, a toutefois dit espérer pouvoir poursuivre ses activités.

Pour justifier le dépôt de bilan, il a expliqué que le plan de sauvetage de 325 millions d'euros censé associer le Land de Saxe - qui abrite son principal site de production à Dresde - sa maison mère Infineon et plusieurs banques n'avait pas pu être bouclé à temps.

Principal responsable de la perte de 519 millions d'euros des opérations poursuivies annoncée par Infineon pour le dernier trimestre publié, Qimonda dit vouloir accélérer la restructuration entamée en octobre, qui prévoit une réduction d'un quart environ de ses effectifs.

"Le droit allemand des faillites offre la possibilité d'accélérer le processus de restructuration qui a déjà été entamé afin de repositionner la société sur des bases solides", a déclaré le président du directoire de Qimonda, Kin Wah Loh.

A la Bourse de Francfort, l'action Infineon cédait 5,59% à 0,675 euro à 15h45 GMT après avoir perdu jusqu'à 12%. L'action Qimonda, cotée à Wall Street, a perdu plus de 90% de sa valeur en l'espace d'un an.

Le ministère de l'Economie de Saxe, où le principal site de Qimonda emploie plus de 3.000 personnes, a souligné qu'aucune aide publique supplémentaire au groupe n'était envisagée pour l'instant, l'entreprise ne disposant pas d'un modèle économique convaincant.

INFINEON VICTIME COLLATÉRALE

Infineon, qui possède 77,5% du capital de Qimonda, s'attend à devoir inscrire dans ses comptes des provisions de plus de 100 millions d'euros liées à ses engagements envers sa filiale. Mais certains analystes doutent qu'un tel montant soit suffisant.

François Meunier, de Cazenove, estime ainsi que l'impact potentiel d'une faillite de Qimonda pourrait atteindre un milliard d'euros.

UBS, de son côté, juge que même si le plan de soutien de 325 millions était appliqué, Qimonda aurait besoin de 400 millions supplémentaires pour survivre au-delà de septembre.

Infineon affichait fin septembre 2008 une trésorerie nette négative de 366 millions d'euros. La société demandera le mois prochain à ses actionnaires de l'autoriser à lever jusqu'à 450 millions en augmentant son capital. Sa capitalisation boursière avoisine actuellement 560 millions.

Si Qimonda devait céder des actifs, ce serait sans doute à des prix sacrifiés, y compris pour son usine de Dresde, présentée lors de son ouverture comme à la pointe de la technologie.

TSMC, le groupe taiwanais numéro un mondial de la fabrication de puces en sous-traitance, a déclaré cette semaine à Reuters que la vente d'une usine dans un pays comme l'Allemagne susciterait probablement peu d'intérêt.

"Nous n'avons pas encore étudié cela, du moins à ma connaissance, mais j'ai l'impression que les coûts de fabrication en Europe sont élevés, et cela serait un inconvénient", a déclaré jeudi Maria Marced, présidente Europe de TSMC.

Version française Wilfrid Exbrayat, Nicolas Delame et Marc Angrand

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