20 janvier 2009 / 20:48 / il y a 9 ans

De plus en plus de jeunes Chinois "accros à internet"

<p>Caf&eacute; internet &agrave; Shanghai. Ils sont de plus en plus nombreux &agrave; ne plus trouver le sommeil, &agrave; avoir des difficult&eacute;s &agrave; se concentrer et &agrave; &ecirc;tre rong&eacute;s par des crises d'anxi&eacute;t&eacute; ou de d&eacute;pression - les Chinois "accros &agrave; internet" ont besoin d'aide, et rapidement. /Photo prise le 5 janvier 2009/Aly Song</p>

par Kitty Bu

PEKIN (Reuters) - Ils sont de plus en plus nombreux à ne plus trouver le sommeil, à avoir des difficultés à se concentrer et à être rongés par des crises d'anxiété ou de dépression - les Chinois "accros à internet" ont besoin d'aide, et rapidement.

Le pays le plus peuplé au monde est aussi celui qui compte le plus grand nombre d'internautes, avec 298 millions d'utilisateurs à la fin 2008 - un chiffre en hausse de près de 42% par rapport à l'année précédente, selon le China Internet Network Information Centre.

Les troubles résultant d'une utilisation excessive d'internet sont également de plus en plus nombreux, surtout chez les jeunes, qui composent la majorité des "cyber-citoyens" chinois.

Beaucoup de jeunes Chinois, issus de la politique officielle de l'enfant unique, doivent supporter seul les fortes attentes de leurs parents. Les cafés internet leur offrent ainsi un échappatoire que certains ont du mal à quitter.

A environ une heure de voiture de Pékin se dresse le plus grand centre de sevrage à internet. Le Beijing Taoran Internet Addiction Treatment Centre a dû récemment déménager avec ses 60 pensionnaires dans des locaux plus vastes pour pouvoir accueillir des patients toujours plus nombreux à se présenter et affluant du pays entier.

Le centre propose une thérapie médicale et psychologique pour laquelle chaque patient paie environ 1.500 dollars par mois. Si les résultats ne sont pas satisfaisants, les patients peuvent prolonger leur séjour d'un second mois, voire d'un troisième.

De nombreux drogués à internet font également appel à des établissements psychiatriques où ils sont soignés pour des pathologies diverses, dont des troubles obsessionnels compulsifs.

LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS

Le dr Chen Kehan, l'un des médecins du centre, explique que les nouveaux arrivants sont de moins en moins sociables, et donc plus difficiles à soigner. Certains semblent avoir perdu la plupart de leurs aptitudes à communiquer dans la vie réelle.

"L'année dernière, le nombre de personnes appelant ou écrivant pour demander des informations sur le centre a beaucoup augmenté. L'état des patients que nous avons admis s'est également aggravé par rapport aux années précédentes", a-t-elle constaté.

Le centre a été créé par Tao Ran, un ancien médecin de l'Hôpital militaire de Pékin qui a passé plusieurs années au Canada à étudier les addictions. Tao est ensuite retourné à Pékin, espérant modifier les comportements dans son pays, où l'addiction à internet n'est pas officiellement considérée comme un trouble de la santé mentale.

"Il existe actuellement plus de 200 organisations qui proposent des traitements contre l'addiction à internet. Sans l'augmentation rapide du nombre de ces hôpitaux, nous aurions encore beaucoup plus de personnes qui viendraient demander de l'aide", a-t-il déclaré.

Les médecins recommandent aux parents de participer à la thérapie. Car, selon Tao, les parents, très critiques vis-à-vis de leur progéniture, sont souvent responsables de leur addiction.

Pour prévenir une rechute liée à la pression familiale, les parents sont invités à s'asseoir dans une salle de classe où ils sont "réprimandés" par des thérapeutes. Leur enfant est parfois prié d'assister à ces séances et peut faire part de ses sentiments.

L'un des exercices de la thérapie consiste à imaginer une scène avec des figurines dans un bac à sable. La plupart des adolescents représentent de violentes bagarres à leur arrivée puis, au fur et à mesure du traitement, ces tableaux deviennent plus pacifiques et ordonnés.

Après deux mois et demi passés au centre, Cheng Jiawei est sur le départ. Après avoir échoué aux examens d'entrée d'une école et à trouver un emploi, l'adolescente passait environ 15 heures par jour sur internet. Ses parents s'étaient alors décidé à la faire soigner.

"Quand je jouais aux jeux vidéo, je croyais être l'un des personnages du jeu. Je me faisais des amis en jouant que je ne me faisais pas dans la vraie vie", raconte Cheng.

Pour son dernier exercice au centre, l'adolescente devait disposer les figurines. Résultat ? Une maison, quelques cochons et une poignée de personnages à l'allure surnaturelle.

Version française Mathilde Gardin

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