14 janvier 2009 / 14:05 / il y a 9 ans

Nortel engage une procédure de sauvegarde aux Etats-Unis

<p>L'&eacute;quipementier de r&eacute;seaux canadien Nortel Networks a demand&eacute; son placement sous la protection du Chapitre 11 de la loi am&eacute;ricaine sur les faillites, une d&eacute;marche qui &eacute;quivaut &agrave; un d&eacute;p&ocirc;t de bilan. /Photo d'archives/Mark Blinch</p>

par Wojtek Dabrowski

NEW YORK (Reuters) - Le canadien Nortel Networks, numéro un nord-américain des équipements de télécommunications, a demandé mercredi à être placé à l'abri de ses créanciers aux Etats-Unis, pour tenter de sauver ce qui fut autrefois une entreprise florissante dont le déclin a été brutalement accéléré par la crise.

La procédure confirme la faiblesse extrême d'un ex-grand nom du secteur qui demeure l'un des plus grands employeurs au Canada.

Nortel a été une star des marchés boursiers avant l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000 et s'efforce difficilement depuis de s'adapter à la mutation radicale du secteur.

Selon des analystes, Nortel n'aura pas d'autre choix, pour survivre, que de vendre des actifs, à des prix probablement très bas. Ils estiment qu'il pourra difficilement perdurer dans sa forme actuelle.

Nortel reste une entreprise de premier plan au Canada avec ses 32.000 employés mais ils étaient encore 90.000 en 2000. Cette chute des effectifs est à l'image du lent déclin de l'entreprise.

"EVOLUTION SPECTACULAIRE"

Le ralentissement économique mondial a exacerbé ses difficultés ces derniers mois. En décembre, le groupe avait reconnu être soumis à des pressions de plus en plus fortes et souffrir d'une dégradation de sa trésorerie.

En Bourse, la valeur de Nortel a baissé régulièrement ces dernières années au fil de ses déboires successifs et son action a chuté sous le seuil symbolique d'un dollar depuis plusieurs mois déjà.

Mi-2000, à son apogée en pleine bulle des valeurs internet, l'action Nortel avait dépassé 1.000 dollars canadiens en données ajustées du regroupement de titres réalisé en 2006.

Mercredi, le titre chutait de plus de 67% à 13 cents canadiens à la Bourse de Toronto.

"C'est à l'évidence une évolution spectaculaire pour ce qui fut la plus grosse entreprise du Canada, qui a représenté jusqu'à environ 35% de l'indice TSX en 2000", note Gavin Graham, directeur des investissements de BMO Asset Management. "Mais cela reflète l'évolution du secteur des télécommunications."

Nortel a notamment souffert de la baisse des investissements des opérateurs de télécommunications, qui a amplifié le durcissement de la concurrence avec les grands acteurs "historiques" du secteur, comme Alcatel-Lucent, mais aussi avec de nouveaux entrants venus d'Asie, tels que Huawei Technologies.

"EVITER UNE MORT LENTE"

Avant l'ouverture de la Bourse mercredi, Nortel a annoncé avoir engagé, avec plusieurs de ses filiales, une procédure aux Etats-Unis pour bénéficier du Chapitre 11 de la loi sur les faillites américaine. La société a également engagé une procédure similaire au Canada et plusieurs de ses filiales européennes devraient faire de même.

"Ils évitent une mort lente en faisant cela", explique Nikos Theodosopoulos, analyste à UBS. "L'entreprise va devoir vendre des actifs et se repositionner. Ce ne sera plus la même société".

L'engagement de cette procédure intervient 24 heures seulement avant une échéance de 107 millions de dollars d'intérêts financiers.

"Si l'on en croit ces documents, le conseil d'administration doit juger que ce n'est pas seulement le quatrième trimestre qui sera mauvais, mais que le premier trimestre sera tout aussi mauvais", a commenté Duncan Stewart, analyste de DSAM Consulting à Toronto.

"Même s'ils ont encore des liquidités pour le court terme, les perspectives à moyen terme ne sont pas suffisantes pour assurer la viabilité de l'entreprise."

Selon les documents déposés auprès du tribunal des faillites du Delaware, les principaux créanciers de Nortel incluent Bank of New York Mellon, avec des créances de près de quatre milliards de dollars.

Nortel a indiqué que ses activités devraient se poursuivre sans interruption et assuré qu'elle serait en mesure de servir ses clients à travers le monde.

"Cette procédure va permettre à Nortel de trouver une solution pour ses coûts et sa dette, de restructurer efficacement ses opérations et de réduire son objectif stratégique de manière efficace et dans un délai raisonnable", dit l'entreprise dans un communiqué.

En novembre, Nortel avait publié une perte trimestrielle de 3,4 milliards de dollars, révisé à la baisse ses prévisions pour l'ensemble de 2008 et annoncé la suppression de 1.300 postes, soit environ 5% de ses effectifs.

Avec Scott Anderson et Walden Siew et Sinead Carew à New York, version française Marc Angrand et Gwénaëlle Barzic

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below