12 janvier 2009 / 15:37 / il y a 9 ans

Des pages pro-mafia de Facebook soulèvent un tollé en Italie

<p>La page Facebook du parrain de la mafia Toto Riina, arr&ecirc;t&eacute; en 1993 apr&egrave;s 24 ans de fuite. Des militants anti-mafia italiens se sont inqui&eacute;t&eacute;s de ce que des pages du r&eacute;seau internet communautaire faisant l'&eacute;loge de figures notoires de la p&egrave;gre attirent de nombreux jeunes admirateurs. /Photo prise le 12 janvier 2009/Alessandro Bianchi</p>

ROME (Reuters) - Des militants anti-mafia italiens se sont inquiétés lundi de ce que des pages du réseau internet communautaire Facebook faisant l'éloge de figures notoires de la pègre attirent de nombreux jeunes admirateurs.

Des "fan clubs" de parrains mafieux comme Bernardo Provenzano, capturé en 2006 après environ quarante ans de clandestinité, et Toto Riina, arrêté en 1993 après 24 ans de fuite, ont fait apparition sur les pages italiennes de Facebook.

L'un d'eux est le "Groupe pour la sanctification de Bernardo Provenzano", un autre a pour nom "Ceux qui témoignent du respect à Toto Tiina".

"Ce qui nous préoccupe, c'est que la grande majorité des personnes qui ont adhéré à ces pages sont jeunes", a déclaré Tonio DellOllio, dirigeant du réseau d'associations antimafia Libera, à Reuters Television.

Libera participe à une série d'activités antimafia comme l'acquisition de domaines agricoles et d'immeubles confisqués à la pègre en vue de leur utilisation à des fins sociales ou éducatives.

Parmi les adversaires les plus résolus des pages Facebook incriminées figure Rita Borsellino, soeur du magistrat Paolo Borsellino, assassiné par la mafia en 1993 dans un attentat à la voiture piégée qu'avaient commandité Riina et Provenzano.

"Même si les héros négatifs ont toujours fasciné certaines personnes (en littérature ou au cinéma), nous devons prendre cela très au sérieux", a-t-elle déclaré à Reuters par téléphone de Palerme, la capitale sicilienne.

"Un instrument comme Facebook, qui est universel et que n'importe qui peut utiliser, devrait procéder à un examen de conscience et se fixer des règles au lieu de fabriquer des héros avec ces meurtriers", a-t-elle dit.

Tout comme il existe des lois qui interdisent l'apologie du fascisme ou du nazisme, il devrait y en avoir pour sanctionner ceux qui célèbrent ou défendent la mafia, a ajouté Borsellino.

Les militants antimafia sont partagés sur le point de savoir s'il y a lieu d'interdire ou de censurer les pages incriminées.

"Nous ne pensons pas qu'on obtiendrait de bons résultats en interdisant ces activités. Nous devrions plutôt les combattre en produisant d'autres modèles", estime DellOlio.

Après les articles dont ils ont fait l'objet dans les médias, les groupes pro-mafia de Facebook ont suscité des adversaires sur le réseau internet. L'un d'eux s'appelle "Non à la mafia. Toto Riina et compagnie, allez vous faire foutre".

Philip Pullella, version française Philippe Bas-Rabérin

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