9 janvier 2009 / 11:14 / dans 9 ans

L'US Army parie sur les jeux vidéo pour attirer des recrues

<p>L'US Army, &agrave; la recherche d'effectifs suffisants pour ses guerres en Irak et en Afghanistan, cherche &agrave; attirer les jeunes Am&eacute;ricains gr&acirc;ce aux jeux vid&eacute;o et aux logiciels de simulation. /Photo prise le 7 janvier 2009/REUTERS/Tim Shaffer</p>

par Jon Hurdle

PHILADELPHIE (Reuters) - L‘US Army, à la recherche d‘effectifs suffisants pour ses guerres en Irak et en Afghanistan, cherche à attirer les jeunes Américains grâce aux jeux vidéo et aux logiciels de simulation.

Au centre commercial Franklin Mills, dans le nord-est de Philadelphie, l‘armée de terre a investi 12 millions de dollars dans un espace qui s‘apparente à un croisement entre le salon de réception d‘un hôtel et une salle de jeux d‘arcade.

Loin de l‘environnement du centre de recrutement traditionnel, avec ses tables en métal et ses officiers en uniforme, on y trouve 60 PC et 19 consoles Xbox 360, ainsi qu‘une série d’écrans interactifs décrivant avec force détails la vie dans les bases de l‘armée et les options de carrière. Les recrues potentielles peuvent s’étendre sur des canapés au son d‘une musique rock diffusée par des enceintes.

Ce centre, ouvert depuis août, est le premier du genre dans le cadre d‘une expérience qui court sur deux ans. Il a permis le recrutement de 33 soldats et cinq réservistes, ce qui correspond en gros au nombre de militaires qu‘auraient recrutés les cinq centres traditionnels qu‘il a remplacés.

Dans une salle à part, les jeunes gens sont invités à “tirer” d‘un vrai véhicule blindé Humvee, sur des campements ennemis projetés sur un écran de 4,5 mètres de haut, avec des effets sonores assourdissants.

Dans une autre pièce, ils peuvent participer à des raids d‘hélicoptères contre des ennemis sortant de leurs repaires, qu‘ils fauchent à la mitrailleuse aux commandes d‘un simulateur d‘Apache ou de Blackhawk.

UN ENVIRONNEMENT “TROMPEUR”

Selon le sergent-chef Randy Jennings, qui dirige le centre, l‘ensemble du dispositif vise non seulement à attirer des recrues, mais aussi à chasser des idées fausses sur la vie militaire.

“Nous voulons qu‘ils sachent qu’être à l‘armée, ce n‘est pas seulement porter des armes et enfoncer des portes”, assure l‘officier, habillé en tenue de ville plutôt qu‘en uniforme. Il souligne que 80% des soldats ne sont pas impliqués directement dans des missions de combat.

Jesse Hamilton, un ancien sergent qui a servi deux ans en Irak, en 2005 et 2006, dénonce pourtant le recours à ces jeux vidéo, “trompeur et très loin de la réalité”, qui, dit-il, idéalisent la guerre.

“On ne peut pas simuler la perte quand on voit des gens se faire tuer”, déclare l‘ancien officier, aujourd‘hui membre des Vétérans contre la guerre.

L‘expérience vise à améliorer le taux de recrutement dans les villes, traditionnellement plus faible que dans les campagnes, explique le commandant Larry Dillard, qui pilote le projet.

Eddie Abuali ne cache pas qu‘il se plaît dans cet environnement “plus détendu” qu‘un centre habituel où il ne se sent pas “sous pression”. Le jeune homme, âgé de 20 ans, compte s‘engager dans l‘armée une fois obtenu son diplôme.

Le commandant Dillard est confiant. Si, il y a deux ans, l‘armée avait des difficultés à recruter alors que les combats faisaient rage en Irak et que le marché du travail se portait bien, “les informations venant d‘Irak sont meilleures et nous sommes en récession”, explique-t-il. “Ce sera plus facile.”

Version française Jean-Stéphane Brosse

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