Alcatel-Lucent, le dilemme de la division mobile

lundi 1 décembre 2008 15h12
 

par Matt Gil

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent pourrait rapidement redresser ses résultats en quittant la téléphonie mobile pour se recentrer sur les services en forte croissance mais ce remède est pour l'instant rejeté par le groupe et pourrait être pire que le mal, jugent de nombreux analystes.

L'entreprise dit officiellement ne pas envisager cette voie qui, dans de l'esprit des observateurs, scellerait l'échec d'une fusion de 34 milliards de dollars (26,9 milliards d'euros) et qui a accouché d'un groupe qui en vaut cinq, soit trois fois à peine le niveau des synergies annuelles envisagées.

Dans la revue stratégique qu'il devrait présenter le 12 décembre, le nouveau directeur général, Ben Verwaayen, devra convaincre les investisseurs de sa détermination à rationaliser ses lignes de produits et à resserrer ses coûts pour survivre à la crise.

"Ben Verwaayen aura-t-il l'énergie et la volonté de passer en force ? C'est la grande inconnue. Car les quatre à six prochains trimestres vont être très durs", souligne Pierre Ferragu, analyste chez Bernstein.

"Il va falloir prendre des décisions très dures sur les coûts dans des marchés de moins en moins porteurs. Les 16.000 suppressions de postes déjà décidées risquent de devoir être revues à la hausse."

Les mesures prises depuis l'arrivée de Ben Verwaayen en septembre - la mise en vente rapide des 20% de Thales pour 1,6 milliard d'euros afin d'apaiser les craintes sur ses liquidités et la nomination de dirigeants rompus aux réductions de coûts - augurent bien de son action future, estiment les analystes.

Pour autant, les Credit default swaps (CDS), portant sur la dette d'Alcatel, se négocient actuellement aux environs de 1.200 point de base - un niveau qui reste extrêmement élevé - et le titre de l'entreprise a déjà abandonné près de 55% cette année après une chute de 66,30% en 2007.

REMÈDE PIRE QUE LE MAL ?   Suite...